Sénégal : un audit biométrique lancé pour assainir la fonction publique et maîtriser une masse salariale de 375 milliards FCFA
Le gouvernement sénégalais a engagé une vaste opération de contrôle de ses effectifs afin d’améliorer la gestion de la fonction publique et de renforcer la transparence dans les dépenses de l’État. Au 31 mars 2026, la masse salariale de l’administration publique atteignait 375,1 milliards de francs CFA, soit une progression de 5,1 % par rapport à la même période de l’année précédente.
Face à cette évolution, les autorités ont lancé un audit biométrique national des agents de l’État, une opération qui se poursuivra jusqu’au 31 juillet 2026.
Près de 200 000 agents concernés
Placée sous la coordination du ministre de la Fonction publique, Mamadou Lamine Dianté, cette campagne vise à constituer une base de données fiable de l’ensemble des agents publics.
Selon les chiffres officiels, 195 144 fonctionnaires et agents de l’État sont concernés par cette opération, qui couvre aussi bien les administrations civiles que les forces de défense et de sécurité, les magistrats ainsi que les autres corps de la fonction publique.
Les équipes déployées à travers le pays procèdent à une vérification biométrique de chaque agent afin de confirmer son identité, son statut administratif et son affectation.
L’objectif est notamment de détecter les éventuels doublons, les irrégularités administratives, les situations de paiement indu ainsi que les cas d’agents fictifs ou de personnes percevant indûment un salaire.
Une démarche inspirée de plusieurs expériences africaines
Le Sénégal s’inscrit dans une dynamique déjà engagée par plusieurs États africains confrontés aux défis de la maîtrise de leur masse salariale.
Au Nigeria, des opérations similaires ont permis d’identifier et de radier des dizaines de milliers de « travailleurs fantômes » de la fonction publique. Selon les autorités nigérianes, ces contrôles ont généré d’importantes économies budgétaires grâce à la suppression de paiements indus.
Au Gabon, un audit administratif mené en 2026 a également révélé plusieurs anomalies, notamment des agents absents de longue durée continuant à percevoir leur rémunération ainsi que des irrégularités liées à l’utilisation de plusieurs matricules administratifs.
En République démocratique du Congo, les autorités poursuivent également un vaste programme de recensement biométrique destiné à améliorer la gestion des effectifs publics et à contenir l’évolution de la masse salariale.
Renforcer la gouvernance publique
Pour les autorités sénégalaises, cette opération ne vise pas uniquement à réaliser des économies budgétaires.
Elle s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation de l’administration publique, d’amélioration de la gouvernance financière et de fiabilisation des bases de données de l’État.
L’utilisation de technologies biométriques devrait permettre de renforcer les mécanismes de contrôle des effectifs, de sécuriser les procédures de paiement et de disposer d’informations actualisées sur les ressources humaines de l’administration.
Cette initiative intervient quelques mois après les actions menées dans le cadre du projet international IDENTITY, auquel participent notamment Interpol, la Commission de protection des données personnelles (CDP) et plusieurs services de sécurité sénégalais afin de renforcer les compétences nationales dans le traitement sécurisé des données biométriques.
L’éducation reste le principal poste de dépenses
Les données communiquées par le ministère des Finances montrent que le secteur de l’éducation demeure le premier employeur de la fonction publique sénégalaise.
À lui seul, il représente 58,2 % de la masse salariale de l’État, illustrant le poids important des enseignants et des personnels éducatifs dans les effectifs publics.
Au-delà de la recherche d’économies, le gouvernement entend ainsi disposer d’un système de gestion des ressources humaines plus performant, capable d’assurer une meilleure transparence dans l’utilisation des deniers publics et de renforcer la qualité du service rendu aux citoyens.
Les conclusions de l’audit biométrique, attendues après le 31 juillet 2026, devraient permettre aux autorités d’orienter les prochaines réformes de la fonction publique et de consolider les efforts engagés en matière de gouvernance et de maîtrise des finances publiques.
Sunuker News Desk


















































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