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Soudan : Omar el-Béchir gravement malade, l’ancien président demande une évacuation sanitaire à l’étranger

Soudan : Omar el-Béchir gravement malade, l’ancien président demande une évacuation sanitaire à l’étranger

Soudan : Omar el-Béchir gravement malade, l’ancien président demande une évacuation sanitaire à l’étranger

L’ancien président soudanais Omar el-Béchir sollicite une autorisation pour être évacué à l’étranger afin d’y recevoir des soins médicaux qui, selon son avocat, ne seraient pas disponibles dans les établissements hospitaliers du Soudan. La demande intervient alors que l’état de santé de l’ex-dirigeant, âgé de 82 ans, se serait récemment détérioré.

L’information a été rendue publique ce vendredi 2 octobre 2026 par son avocat, Me Mohamed El-Hassan El-Amin. Selon ce dernier, les traitements actuellement administrés à son client à l’hôpital militaire spécialisé Aliaa, à Omdourman, ne permettent pas d’obtenir une amélioration significative de son état.

Omar el-Béchir avait auparavant été pris en charge dans un établissement hospitalier de Merowe, dans le nord du pays, avant d’être transféré vers l’hôpital militaire d’Aliaa, situé à Omdourman, de l’autre côté du Nil par rapport à Khartoum.

D’après son conseil, l’ancien chef de l’État aurait besoin d’examens médicaux approfondis ainsi que d’examens et d’imagerie cardiaques qui ne pourraient actuellement pas être réalisés dans de bonnes conditions au Soudan. La famille de l’ex-président avait déjà alerté, quelques jours auparavant, sur la dégradation de son état de santé et demandé une prise en charge médicale à l’étranger.

L’avocat a par ailleurs précisé qu’aucune destination particulière n’avait été choisie. La demande viserait simplement à permettre à Omar el-Béchir d’être accueilli dans un pays disposant des infrastructures médicales nécessaires à son traitement.

Une éventuelle évacuation au lourd enjeu judiciaire

Au-delà de la question médicale, une éventuelle autorisation de sortie du territoire pourrait avoir des implications judiciaires et diplomatiques importantes. Omar el-Béchir demeure en effet sous le coup de deux mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), délivrés respectivement en mars 2009 et en juillet 2010.

La CPI lui reproche notamment cinq chefs de crimes contre l’humanité, deux chefs de crimes de guerre et trois chefs de génocide, pour des faits qui auraient été commis au Darfour entre 2003 et 2008.

Le premier mandat d’arrêt, délivré le 4 mars 2009, concernait des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Le second, émis le 12 juillet 2010, a ajouté trois chefs de génocide. La CPI considère toujours le dossier comme étant au stade préliminaire, Omar el-Béchir n’ayant jamais été transféré devant la Cour.

La question de son éventuel départ du Soudan est donc particulièrement sensible. La CPI a, à plusieurs reprises, rappelé les obligations de coopération des États concernant l’arrestation et le transfert de l’ancien dirigeant soudanais. Dans des décisions antérieures, la Cour a notamment constaté le refus répété du Soudan de coopérer à son arrestation et à sa remise à la justice internationale.

Une situation médicale qui intervient en pleine guerre

Omar el-Béchir a dirigé le Soudan pendant près de trois décennies après avoir pris le pouvoir en 1989 à la suite d’un coup d’État. Il a été renversé en avril 2019 après plusieurs mois de manifestations populaires. Depuis sa chute, il est resté sous la garde des autorités soudanaises.

Sa demande médicale intervient dans un contexte particulièrement difficile pour le pays. Depuis avril 2023, le Soudan est plongé dans une guerre opposant les forces armées dirigées par le général Abdel Fattah al-Burhane aux Forces de soutien rapide (FSR), commandées par Mohamed Hamdane Daglo, dit « Hemedti ».

Le conflit a profondément affecté les infrastructures du pays, notamment le système de santé, rendant particulièrement complexe l’accès à certaines prises en charge spécialisées.

Pour l’heure, la demande d’évacuation sanitaire formulée par Omar el-Béchir reste entre les mains des autorités soudanaises. Aucune destination médicale n’a été officiellement retenue et aucune autorisation de sortie du territoire n’a été annoncée.

L’affaire se trouve ainsi à la croisée de deux enjeux : l’urgence médicale invoquée par la défense de l’ancien président et le poids des procédures judiciaires internationales qui le visent depuis plus d’une décennie.

Sunuker News Desk