Révision constitutionnelle : El Malick Ndiaye défend une réforme « au service des institutions » et appelle à un débat dépassionné
Les débats autour de la proposition de loi portant révision de la Constitution se poursuivent dans un climat de forte tension à l’Assemblée nationale. Prenant la parole en séance plénière ce lundi 29 juin 2026, le premier vice-président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a plaidé en faveur du projet, invitant les députés à examiner le texte sous l’angle de son contenu plutôt qu’à travers les clivages politiques.
Face aux critiques de l’opposition et d’une partie de la société civile, le responsable parlementaire a défendu une réforme qu’il présente comme le prolongement d’un processus de réflexion engagé depuis plusieurs années sur la modernisation des institutions sénégalaises.
« Dépasser les intérêts partisans »
Dans son intervention, El Malick Ndiaye a appelé les parlementaires à privilégier un débat serein et fondé sur des arguments juridiques et institutionnels.
Selon lui, une révision de la Constitution ne doit pas être analysée à travers les rivalités politiques du moment, mais à l’aune de son impact sur le fonctionnement de l’État et des institutions républicaines.
Il a estimé que les discussions en cours devaient permettre d’évaluer objectivement les dispositions du texte sans céder aux considérations partisanes.
Une pratique conforme à la tradition institutionnelle
Pour répondre aux critiques portant sur la procédure choisie, le premier vice-président de l’Assemblée nationale a rappelé que le recours à la voie parlementaire pour modifier la Constitution s’inscrit dans une longue tradition institutionnelle au Sénégal.
Il a souligné que, depuis l’indépendance, de nombreuses révisions constitutionnelles ont été adoptées par le Parlement, à l’exception de certaines réformes majeures ayant fait l’objet d’une consultation populaire, notamment les Constitutions de 1963 et de 2001, ainsi que les révisions de 1970 et 2016.
Selon lui, la procédure actuellement engagée est donc prévue par les dispositions constitutionnelles en vigueur.
Une réforme présentée comme le fruit de plusieurs concertations
El Malick Ndiaye a également insisté sur le fait que le projet ne serait pas le résultat d’une initiative improvisée.
D’après lui, plusieurs propositions contenues dans le texte trouvent leur origine dans les recommandations formulées lors des Assises nationales, des travaux de la Commission nationale de réforme des institutions (CNRI), des Assises de la Justice ainsi que du Dialogue national.
Il a ajouté que les observations du Conseil constitutionnel ainsi que certaines contributions émanant aussi bien de députés de la majorité que de l’opposition ont également permis d’enrichir le projet.
Des garanties pour les droits et l’équilibre des pouvoirs
Sur le fond, le responsable parlementaire a rejeté les accusations selon lesquelles la réforme poursuivrait des objectifs politiques particuliers.
Il a soutenu que la Constitution demeure, par définition, un texte général destiné à organiser durablement les institutions de la République, indépendamment des personnes qui exercent le pouvoir.
Selon lui, les modifications proposées visent notamment à renforcer la transparence de la vie publique à travers les mécanismes de déclaration de patrimoine, à améliorer le contrôle parlementaire de l’action gouvernementale, à moderniser la justice constitutionnelle et à clarifier les responsabilités des différentes institutions.
Il a également affirmé que les libertés fondamentales garanties aux citoyens ne sont nullement remises en cause par le projet de révision.
Les deux scénarios prévus par la Constitution
Abordant la suite de la procédure, El Malick Ndiaye a rappelé que la Constitution prévoit deux possibilités après le vote de l’Assemblée nationale.
Si le texte obtient la majorité qualifiée des trois cinquièmes des suffrages exprimés, le président de la République pourra procéder à sa promulgation.
Dans le cas contraire, il pourra décider de soumettre la réforme à un référendum, permettant ainsi au peuple sénégalais de se prononcer directement sur le texte adopté par les députés, sans possibilité de modification.
Selon lui, ces dispositions offrent un cadre juridique garantissant la sécurité et la transparence du processus constitutionnel.
Un débat qui reste fortement polarisé
Les échanges autour de cette réforme continuent de diviser profondément la classe politique sénégalaise.
Alors que la majorité défend un projet qu’elle considère comme une étape importante dans la modernisation des institutions, l’opposition et plusieurs organisations de la société civile dénoncent la procédure suivie et réclament une plus large concertation, voire une consultation populaire.
La poursuite des débats à l’Assemblée nationale sera déterminante pour l’avenir de cette réforme, qui constitue l’un des dossiers institutionnels les plus sensibles de ces dernières années.
Sunuker News Desk













































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