Révision constitutionnelle, nouveau parti et réseaux sociaux : Alpha Thiam affiche ses divergences avec Pastef
Les lignes de fracture continuent de se dessiner au sein de la majorité présidentielle autour du projet de révision de la Constitution et de la recomposition du paysage politique sénégalais. À l’occasion d’une cérémonie de remise de titres de formation et de présentation de projets communautaires, organisée à l’initiative de Fatou Kiné Diakhaté, ministre Directrice de cabinet adjointe du Président de la République, le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Alpha Thiam, a livré une série de déclarations qui n’ont pas manqué de faire réagir.
S’exprimant sur la proposition de révision constitutionnelle portée par le groupe parlementaire Pastef, le ministre a clairement pris ses distances avec cette initiative.
« 120 députés ne peuvent pas se lever un bon jour et vouloir changer la Constitution. Ce n’est pas normal. Nous ne sommes pas d’accord », a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par plusieurs médias.
Cette sortie intervient dans un contexte institutionnel particulièrement sensible. Après l’adoption du texte par l’Assemblée nationale, le président Bassirou Diomaye Faye a annoncé son intention de soumettre la réforme à un référendum, estimant qu’une révision aussi importante devait recevoir l’approbation directe du peuple sénégalais. Ce choix a ouvert un débat juridique et politique sur la procédure la plus appropriée pour modifier la Loi fondamentale.
Au-delà de la question constitutionnelle, Alpha Thiam a réaffirmé son soutien au projet de création d’une nouvelle formation politique autour du chef de l’État. Pour lui, cette initiative pourrait contribuer à rassembler différentes sensibilités politiques autour d’un projet national commun.
« Nous disons au président de la République que nous sommes à ses côtés. S’il crée un parti, le Sénégal sera avec lui », a-t-il déclaré, avant de lancer un appel à plusieurs figures politiques, parmi lesquelles Karim Wade, Abdoulaye Wade, Macky Sall et Bougane Guèye Dany, en les invitant à participer à ce qu’il a qualifié de « sursaut patriotique ».
Le ministre a également abordé le climat de tension qui règne sur les réseaux sociaux. Il a dénoncé les campagnes d’intimidation dont seraient victimes certains responsables politiques et mis en garde contre les menaces récurrentes évoquant un délai de « 72 heures », expression devenue récurrente dans certains échanges numériques.
« Nous n’accepterons pas que des gens nous terrorisent sur les réseaux sociaux avec des histoires de 72 heures. Nous ne sommes pas des peureux », a-t-il affirmé.
Ces déclarations traduisent les débats qui traversent actuellement la coalition au pouvoir sur les réformes institutionnelles et les méthodes de gouvernance. Elles contrastent également avec le discours tenu par Alpha Thiam lors de sa prise de fonctions à la tête du ministère de la Culture en juin dernier, où il avait insisté sur « l’écoute, la co-construction, l’action et l’évaluation » comme principes directeurs de son action publique, tout en plaçant la culture au cœur de la souveraineté nationale.
À l’heure où le Sénégal s’engage dans une nouvelle phase de son évolution politique, les prises de position publiques de plusieurs membres de la majorité témoignent de la vitalité du débat démocratique, mais aussi des défis auxquels le pouvoir est confronté pour préserver sa cohésion autour des grandes réformes annoncées.
Signé : Sunuker News Desk

















































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