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Émigration irrégulière : plus de 300 Sénégalais bloqués au Maroc, dont une soixantaine de mineurs

Émigration irrégulière : plus de 300 Sénégalais bloqués au Maroc, dont une soixantaine de mineurs

Émigration irrégulière : plus de 300 Sénégalais bloqués au Maroc, dont une soixantaine de mineurs

Par Sunuker News Desk

Le phénomène de l’émigration irrégulière continue de prendre de l’ampleur sur les routes maritimes reliant l’Afrique de l’Ouest aux îles Canaries. Au Maroc, plus de 300 ressortissants sénégalais se trouvent actuellement dans deux centres d’accueil situés dans le sud du royaume, à Bir-Guindouz et Al Argoub, après plusieurs opérations de secours et d’interception en mer.

La situation s’est particulièrement aggravée ces derniers jours. Les 2 et 4 octobre, trois pirogues transportant au total 190 Sénégalais sont arrivées à Dakhla après avoir été secourues en mer. Selon les témoignages recueillis auprès des passagers, les embarcations avaient quitté la Gambie ainsi que Saint-Louis, avec l’Espagne comme destination finale.

Parmi les personnes prises en charge figurent environ 60 mineurs et une femme. La présence importante d’enfants à bord constitue l’un des aspects les plus préoccupants de cette nouvelle série de traversées. Certains mineurs auraient effectué le voyage accompagnés de leur père, d’un oncle ou encore d’un frère, illustrant la dimension familiale que peuvent désormais prendre certaines tentatives de rejoindre l’Europe par la mer.

Ces nouvelles arrivées interviennent après plusieurs opérations similaires enregistrées au cours des mois d’août et de septembre. Les autorités marocaines avaient notamment intercepté, fin août, une pirogue partie de Gambie avec 201 migrants subsahariens à bord, dont 18 Sénégalais. Parmi ces derniers figuraient deux femmes et un enfant. L’embarcation avait été arraisonnée à environ 185 kilomètres au sud-ouest de Dakhla alors qu’elle se dirigeait vers les îles Canaries.

Quelques jours auparavant, une autre embarcation partie également de Gambie avait été interceptée avec 193 candidats à l’émigration, dont 75 Sénégalais, selon une source diplomatique citée par l’APS. Ces différentes opérations montrent la persistance des départs depuis les côtes gambiennes et sénégalaises, malgré les risques considérables liés à la traversée de l’Atlantique.

La pression migratoire se traduit également par une intensification des opérations contre les organisateurs. Plusieurs tentatives de départ ont été empêchées durant les mois d’août et de septembre, donnant lieu à l’arrestation d’une trentaine de personnes présentées comme des organisateurs ou des capitaines d’embarcations. Des ressortissants sénégalais figureraient parmi les personnes interpellées.

Le cas de Dakhla illustre particulièrement la dimension régionale de cette crise. Les candidats au départ empruntent des itinéraires qui peuvent commencer en Gambie ou au Sénégal avant de se poursuivre vers les côtes marocaines. Pour certains, le Maroc devient alors une étape imprévue lorsque les embarcations sont interceptées ou secourues avant d’atteindre leur destination.

Face à ces situations, les autorités sénégalaises ont également renforcé leur dispositif consulaire. Dès la fin du mois d’août, le consulat général du Sénégal à Dakhla avait annoncé l’envoi d’une mission au centre de Bir-Guindouz afin d’identifier les ressortissants sénégalais parmi les migrants interceptés. Le consulat avait également prévu de leur apporter une assistance matérielle, notamment des produits d’hygiène et des moyens de communication.

À cette période, environ 251 Sénégalais se trouvaient déjà dans les centres de Bir-Guindouz et d’Al Argoub dans l’attente d’un retour volontaire au Sénégal. Les autorités consulaires évoquaient alors un rapatriement par voie terrestre, sous réserve de l’autorisation de transit de la Mauritanie, ainsi qu’une éventuelle collaboration avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour faciliter des retours par voie aérienne.

Avec plus de 300 Sénégalais désormais présents dans ces structures, la situation souligne une nouvelle fois l’ampleur du phénomène et les difficultés rencontrées par les pays de départ, de transit et de destination. La présence de dizaines de mineurs parmi les dernières personnes secourues ajoute une dimension particulièrement sensible à cette crise migratoire.

Derrière les chiffres se trouvent des familles qui prennent la mer dans l’espoir d’une vie meilleure, mais aussi des enfants exposés à une traversée particulièrement dangereuse. Chaque nouvelle interception rappelle ainsi les risques humains d’une route migratoire où les naufrages, les disparitions et les opérations de secours font désormais partie du quotidien.

Sunuker News Desk