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CORED : Aïssatou Diop Fall encore blâmée après des propos visant Dame Mbodj et Ousmane Sonko

CORED : Aïssatou Diop Fall encore blâmée après des propos visant Dame Mbodj et Ousmane Sonko

CORED : Aïssatou Diop Fall encore blâmée après des propos visant Dame Mbodj et Ousmane Sonko

Nouvelle sanction pour Aïssatou Diop Fall. La directrice de publication de la Web TV PublicSn TV a une nouvelle fois été rappelée à l’ordre par le Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie (CORED). Dans un avis daté du 2 septembre 2026, le Tribunal des pairs lui a infligé un blâme, après s’être autosaisi à la suite de propos tenus dans deux émissions de « Round Up », diffusées les 11 et 15 juillet derniers.

Le CORED reproche à la journaliste plusieurs déclarations jugées incompatibles avec les principes d’éthique et de déontologie encadrant l’exercice du journalisme au Sénégal.

Lors de l’émission du 11 juillet, Aïssatou Diop Fall s’était notamment adressée à Dame Mbodj, alors directeur général de la Société de gestion des infrastructures publiques des pôles urbains de Diamniadio et du Lac Rose (SOGIP), en déclarant : « Dame, il te reste quelques jours à vivre. »

Quatre jours plus tard, dans l’émission du 15 juillet, elle avait tenu des propos particulièrement virulents à l’endroit d’Ousmane Sonko, président de Pastef, le qualifiant notamment de « cancer du pays » et d’« ennemi public n°1 », avant d’évoquer la nécessité de l’« éradiquer ».

Pour le Tribunal des pairs, ces déclarations franchissent les limites admissibles dans le cadre de l’expression journalistique.

Le CORED invoque les règles déontologiques

Dans son avis, le CORED s’appuie notamment sur la Charte des journalistes du Sénégal, qui appelle les professionnels des médias à respecter la dignité de la personne humaine et des groupes sociaux.

La même charte proscrit notamment la diffamation, la calomnie, le plagiat, les accusations sans fondement, l’injure ainsi que l’apologie de la violence et de la haine entre groupes sociaux.

C’est au regard de ces principes que le Tribunal des pairs a considéré les propos relevés dans les deux émissions comme constitutifs de manquements aux règles professionnelles.

Le CORED estime ainsi que la liberté d’expression dont bénéficient les journalistes ne saurait être dissociée des obligations éthiques qui accompagnent l’exercice de la profession.

Aïssatou Diop Fall conteste les griefs

De son côté, Aïssatou Diop Fall a contesté l’interprétation faite de ses déclarations.

La journaliste a notamment soutenu que les phrases retenues contre elle n’étaient « en rien insultantes », reprochant au CORED de prendre volontairement ses commentaires « au premier degré ».

Elle a également accusé l’organe d’autorégulation de chercher un prétexte pour s’en prendre à elle, allant jusqu’à dénoncer ce qu’elle considère comme une démarche motivée politiquement.

Ces arguments n’ont toutefois pas convaincu le Tribunal des pairs, qui a maintenu son appréciation des propos et prononcé un blâme.

Cette nouvelle décision intervient dans un contexte où les interventions publiques d’Aïssatou Diop Fall, particulièrement tranchées sur les questions politiques, suscitent régulièrement des réactions. Ses émissions sur PublicSn TV occupent une place importante dans le débat médiatique sénégalais, notamment en raison du ton très critique adopté à l’égard de plusieurs responsables politiques.

Une précédente sanction en 2024

Ce n’est pas la première fois que la journaliste fait l’objet d’une sanction du CORED.

En mai 2024, le Tribunal des pairs avait déjà prononcé un blâme à son encontre à la suite de la diffusion sur YouTube, via PublicSn TV, d’une vidéo dans laquelle elle avait elle-même évoqué des pratiques que le CORED avait considérées comme contraires aux exigences éthiques et déontologiques de la profession.

Deux ans plus tard, cette nouvelle décision remet donc sur le devant de la scène la question des limites de la liberté de ton dans les médias sénégalais.

Le débat oppose, d’un côté, la nécessité de préserver une presse libre, capable de critiquer durement les responsables publics et les acteurs politiques, et, de l’autre, l’obligation pour les professionnels des médias de respecter les règles qui encadrent leur métier.

Avec ce nouveau blâme, le CORED rappelle ainsi que la liberté éditoriale ne dispense pas les journalistes du respect des principes fondamentaux de leur profession. Aïssatou Diop Fall, de son côté, maintient sa contestation et son interprétation des propos qui lui sont reprochés.

Sunuker News Desk