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Révision constitutionnelle : Talla Sylla critique le manifeste des 143 personnalités et plaide pour un référendum

Révision constitutionnelle : Talla Sylla critique le manifeste des 143 personnalités et plaide pour un référendum

Le débat autour de la révision de la Constitution continue de susciter de vives réactions au Sénégal. Dans une tribune publiée, Talla Sylla, président du parti Jëf Jël et membre du mouvement Aar Sunu République, s’en est pris aux 143 personnalités issues du monde universitaire, culturel, médical et de la société civile qui ont récemment signé un manifeste en faveur du projet de réforme constitutionnelle.

L’ancien maire de Thiès estime que cette prise de position constitue une caution intellectuelle apportée à une réforme qui, selon lui, devrait impérativement être soumise à l’approbation directe des citoyens.

Une référence à Julien Benda

Dans son texte, Talla Sylla reprend le concept de « la trahison des clercs », popularisé par le philosophe français Julien Benda, pour dénoncer ce qu’il considère comme un engagement partisan de certaines élites intellectuelles.

Selon lui, les signataires mettent leur notoriété et leur expertise au service d’un projet politique, alors que leur rôle devrait être de défendre les principes démocratiques et l’intérêt général.

Il considère que leur intervention risque d’influencer le débat public en donnant une légitimité académique à une réforme institutionnelle encore fortement contestée.

« Le peuple doit rester le seul souverain »

Au cœur de son argumentaire figure la question de la souveraineté populaire.

Talla Sylla affirme que le véritable enjeu n’est pas de savoir quand adopter la réforme, mais de déterminer qui doit en décider. À ses yeux, seule une consultation populaire par référendum est conforme à l’esprit de la démocratie et à la tradition constitutionnelle sénégalaise.

Il estime que le recours exclusif à la procédure parlementaire priverait les citoyens de leur droit de se prononcer sur une réforme touchant directement à l’organisation des institutions de la République.

Des réserves sur le contenu de la réforme

Le président de Jëf Jël critique également plusieurs dispositions du projet de révision, notamment l’introduction de nouveaux droits économiques et sociaux.

S’il reconnaît l’importance de promouvoir des droits tels que l’accès à l’éducation, à la formation ou au numérique, il considère que ces avancées ne doivent pas occulter, selon lui, le débat de fond sur les mécanismes de participation citoyenne et sur les modalités d’adoption de la réforme.

Il estime que ces nouveaux droits ne sauraient remplacer la nécessité d’un large consensus politique et populaire.

Un appel à préserver l’héritage des concertations nationales

Dans sa tribune, Talla Sylla évoque également plusieurs grandes étapes du dialogue politique sénégalais, notamment les Assises nationales de 2009 ainsi que les différents dialogues nationaux organisés ces dernières années.

Selon lui, ces initiatives avaient pour objectif de renforcer la gouvernance démocratique à travers une large concertation. Il estime que leur héritage ne devrait pas être invoqué pour justifier une réforme qui, selon son analyse, ne bénéficie pas d’un consensus suffisamment large.

Un débat qui continue de diviser

Cette nouvelle prise de position intervient dans un climat politique marqué par une multiplication des appels au dialogue autour de la réforme constitutionnelle.

Plusieurs organisations de la société civile, formations politiques et personnalités publiques ont récemment exprimé leurs réserves sur la procédure d’adoption du texte, certaines réclamant un référendum national, tandis que d’autres soutiennent la voie parlementaire prévue par la Constitution.

L’Assemblée nationale doit examiner le projet de révision constitutionnelle lors de sa séance plénière du 29 juin 2026, un rendez-vous qui s’annonce déterminant pour l’avenir du processus de réforme et qui continue d’alimenter un intense débat au sein de l’opinion publique sénégalaise.

Sunuker News Desk