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Santé : le SAMES remet la pression et décrète 48 heures de grève à travers le Sénégal

Santé : le SAMES remet la pression et décrète 48 heures de grève à travers le Sénégal

Santé : le SAMES remet la pression et décrète 48 heures de grève à travers le Sénégal

Le secteur de la santé s’apprête à connaître une nouvelle période de perturbations. Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES) a confirmé une grève nationale de 48 heures pour les mercredi 16 et jeudi 17 septembre 2026. Les urgences seront maintenues, mais les consultations et autres activités non urgentes risquent d’être fortement affectées.

Après le mouvement observé les 8 et 9 septembre, le SAMES remet le couvert. Dans une note publiée ce mardi 15 septembre, le Bureau exécutif national appelle ses membres à une mobilisation « active et massive » et leur demande de respecter strictement le mot d’ordre sur l’ensemble du territoire.

Pendant ces deux journées, le syndicat prévoit de maintenir la prise en charge des urgences. Pour le reste, les patients devront s’attendre à des perturbations dans plusieurs structures sanitaires, notamment pour les consultations, les actes programmés et certaines activités qui ne relèvent pas des situations d’urgence.

Cette nouvelle mobilisation intervient dans un climat social toujours tendu entre le SAMES et les autorités sanitaires. Le syndicat avait déjà décrété une grève de 48 heures les 8 et 9 septembre. À l’issue de cette première mobilisation, il avait estimé que la participation avait été « massive, disciplinée et exemplaire » et reproché aux autorités l’absence, selon lui, d’engagements suffisamment concrets pour répondre à ses revendications.

Le contentieux ne date pas d’hier. Le SAMES affirme défendre une plateforme revendicative déposée depuis 2023. Selon le secrétaire général du syndicat, les discussions engagées avec les autorités de l’époque avaient été interrompues au premier trimestre 2024. Le syndicat estime depuis que les réponses apportées à ses demandes restent insuffisantes.

La question du dialogue social occupe également une place importante dans cette confrontation. Lors de la précédente mobilisation, le SAMES avait dénoncé l’absence du ministre de la Santé et de l’Hygiène publique à une rencontre convoquée avec le syndicat. Cette absence avait été présentée par l’organisation comme un signe de manque de considération et comme un obstacle à l’ouverture d’un dialogue jugé véritablement constructif.

Du côté des pouvoirs publics, la situation sociale dans le secteur sanitaire fait pourtant partie des dossiers officiellement identifiés comme prioritaires. Lors du Conseil des ministres du 2 septembre, le président Bassirou Diomaye Faye avait demandé l’ouverture de concertations avec les différentes parties prenantes afin de parvenir à une stabilité sociale durable dans le secteur de la santé. Il avait également demandé l’accélération de plusieurs chantiers sanitaires et le recrutement de nouveaux personnels.

Cette orientation intervient alors que le gouvernement affiche plus largement sa volonté de renforcer la continuité et l’efficacité du service public. Le Conseil des ministres du 10 septembre a notamment insisté sur l’efficacité des services publics et sur la mise en œuvre des engagements contenus dans la Déclaration de politique générale du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô.

Mais sur le terrain, le désaccord avec le SAMES demeure. Pour le syndicat, l’annonce de nouvelles discussions ne suffit plus : il réclame des réponses concrètes à une plateforme revendicative qu’il considère comme ancienne et insuffisamment prise en compte.

La nouvelle grève intervient ainsi quelques jours seulement après la précédente, signe que les discussions n’ont pas permis, à ce stade, de mettre fin au bras de fer.

Pour les patients, les conséquences pourraient être immédiates. Les urgences devant rester fonctionnelles, les structures sanitaires ne devraient pas être totalement paralysées. En revanche, les consultations ordinaires, les rendez-vous programmés et plusieurs actes non urgents pourraient être reportés ou fonctionner au ralenti pendant les 48 heures du mouvement.

Cette situation pose également la question de la continuité du service public de santé, alors que le gouvernement a officiellement placé l’amélioration du système sanitaire parmi ses priorités. La multiplication des mouvements sociaux dans les établissements de santé pourrait compliquer la mise en œuvre des réformes annoncées si aucun compromis durable n’est trouvé entre les autorités et les organisations professionnelles.

Pour le SAMES, le message est désormais clair : le syndicat entend maintenir la pression jusqu’à l’obtention de réponses qu’il juge satisfaisantes. Lors de sa précédente session extraordinaire, son Bureau exécutif national avait affirmé sa détermination à poursuivre la mobilisation, en dénonçant ce qu’il qualifiait de « silence coupable » de l’État.

Le gouvernement dispose, de son côté, d’un levier essentiel : renouer un dialogue suffisamment substantiel pour éviter que les mouvements de grève ne se succèdent et ne pénalisent davantage les usagers.

Les 16 et 17 septembre seront donc un nouveau test pour le dialogue social dans le secteur de la santé. Entre les revendications des professionnels, l’impératif de continuité des soins et les engagements affichés par les autorités, l’enjeu dépasse désormais les deux journées de grève : il s’agit de savoir si un accord durable peut être trouvé pour sortir le système sanitaire de cette spirale de tensions.

Sunuker News Desk