Sangomar : le Sénégal et Woodside préparent une nouvelle étape stratégique malgré le différend fiscal
Le partenariat énergétique entre le Sénégal et le groupe australien Woodside Energy entre dans une nouvelle phase. Alors que le champ pétrolier offshore de Sangomar poursuit sa montée en puissance, les deux partenaires affichent leur volonté de renforcer leur coopération tout en préparant les prochaines étapes du développement du projet, considéré comme l’un des piliers de la stratégie énergétique du Sénégal.
Une réunion de haut niveau s’est tenue le 29 juin 2026 sous la présidence du ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Dr El Hadji Abdourahmane Diouf. Ont pris part aux échanges les responsables du ministère, de PETROSEN, de la Direction générale de la Coopération et du Suivi des Opérations (DGCSO), ainsi qu’une importante délégation de Woodside Energy. Selon les informations relayées par la RTS, cette rencontre visait à dresser un état des lieux du partenariat et à définir les priorités des prochaines négociations.
Au cours de la réunion, les représentants de Woodside ont salué la qualité des relations entretenues avec les autorités sénégalaises et PETROSEN depuis le lancement du projet. Le vice-président exécutif du groupe australien a qualifié Sangomar d’investissement majeur pour l’entreprise et a réaffirmé l’engagement de Woodside à poursuivre le développement du champ dans un esprit de coopération et de confiance mutuelle.
Le ministre El Hadji Abdourahmane Diouf a, pour sa part, rendu hommage au travail accompli par les équipes techniques, administratives et institutionnelles ayant permis au Sénégal de franchir une étape historique avec l’entrée du pays dans le cercle des producteurs de pétrole. Il a cependant insisté sur la nécessité d’adopter une approche plus intégrée pour les prochaines discussions avec les partenaires du secteur.
Selon le ministre, les futures négociations devront prendre en compte, dans un cadre unique, les dimensions techniques, contractuelles, fiscales, environnementales et gazières afin d’assurer une meilleure cohérence dans les décisions stratégiques. Cette méthode, a-t-il souligné, permettra de mieux défendre les intérêts du Sénégal tout en garantissant un développement durable des ressources naturelles.
Les autorités sénégalaises ont également réaffirmé deux objectifs majeurs : maximiser la valorisation du gaz naturel afin d’alimenter le marché national et soutenir l’industrialisation du pays, tout en veillant à préserver les intérêts économiques et financiers de l’État dans les futurs projets pétroliers et gaziers.
Cette rencontre intervient dans un contexte particulier. Malgré la qualité des relations opérationnelles entre les deux partenaires, un différend fiscal oppose toujours le Sénégal à Woodside Energy. Ce contentieux fait actuellement l’objet d’une procédure devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI). Les autorités sénégalaises ont toutefois choisi de dissocier ce litige des discussions portant sur le développement futur du champ de Sangomar, privilégiant la continuité du dialogue.
Mis en production en 2024, Sangomar constitue le premier projet pétrolier offshore du Sénégal. Exploité par Woodside en partenariat avec PETROSEN, il représente un investissement de plusieurs milliards de dollars et place désormais le pays parmi les nouveaux producteurs d’hydrocarbures en Afrique de l’Ouest. Les recettes issues de cette exploitation sont appelées à jouer un rôle important dans le financement des politiques publiques, à condition qu’elles soient gérées selon les principes de transparence, de bonne gouvernance et de responsabilité.
Les discussions portent désormais sur Sangomar Phase 2, un projet qui pourrait considérablement augmenter les capacités de production. Selon les projections évoquées par les partenaires, cette nouvelle phase pourrait permettre d’atteindre une production avoisinant 150 000 barils de pétrole par jour, renforçant ainsi le positionnement du Sénégal sur le marché énergétique international et ouvrant de nouvelles perspectives en matière d’investissements, de création d’emplois et de transfert de compétences.
À travers cette nouvelle dynamique, le gouvernement sénégalais affiche sa volonté de bâtir un partenariat équilibré avec les compagnies internationales, fondé sur la défense des intérêts nationaux, la sécurité énergétique et une exploitation durable des ressources naturelles au bénéfice des générations présentes et futures.
Signé : La Rédaction de Sunuker News Desk


















































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