Les contre-performances récentes de l’Equipe nationale ne constituent pas un simple échec sportif. Elles traduisent un malaise profond qui touche aussi bien la gouvernance de notre football que les choix techniques et l’organisation institutionnelle de la Fédération sénégalaise de football.
Depuis la dernière Assemblée générale de la Fsf au moins, le football sénégalais est traversé par des controverses récurrentes : contestations liées à la gouvernance de la Fédération, accusations et soupçons de corruption ayant entouré certaines échéances électorales, tensions internes, critiques sur le manque de transparence dans la prise de décision et climat de défiance entre différents acteurs du football national. Si ces difficultés devaient être confirmées par des éléments objectifs, elles justifieraient l’ouverture d’un dialogue institutionnel entre l’Etat du Sénégal et la Fifa afin d’examiner les mécanismes prévus par les textes pour restaurer une gouvernance crédible.
Il ne s’agirait nullement d’une ingérence politique dans le football sénégalais, mais d’une démarche responsable visant à préserver l’intérêt supérieur de ce patrimoine national. Dans plusieurs pays, lorsque des crises institutionnelles profondes ont empêché le fonctionnement normal des fédérations, la Fifa a accepté la mise en place de comités de normalisation chargés de rétablir la stabilité, de réviser les règles de gouvernance et d’organiser des élections transparentes. Le Président Bassirou Diomaye Dakhar Faye, en homme juste et très attaché aux principes, pourrait enclencher ces discussions au regard de son leadership et du respect dont il est crédité au niveau mondial.
Revenant au sujet, sur le terrain, les insuffisances ont été tout aussi préoccupantes. Les critères de sélection donnent régulièrement lieu à des interrogations. Des joueurs affichant d’excellentes performances en club semblent parfois écartés, tandis que d’autres, moins performants ou en perte de vitesse, conservent leur place de manière récurrente. Cette perception d’un traitement inégal fragilise le principe fondamental selon lequel seule la performance doit guider la sélection nationale.
Le Sénégal possède pourtant l’un des meilleurs viviers de talents du continent. Un tel potentiel exige une direction technique forte, indépendante et capable de prendre des décisions exclusivement fondées sur les exigences du haut niveau.
C’est pourquoi l’ouverture d’un nouveau cycle apparaît indispensable. Le prochain sélectionneur devra être un technicien de réputation internationale, expérimenté, rigoureux, doté d’une forte personnalité et connaissant parfaitement les réalités du football africain. Son autorité devra lui permettre de sélectionner les joueurs sur le seul critère du mérite, sans considération de statut, de notoriété ou d’ancienneté.
Le football sénégalais mérite une gouvernance irréprochable, une Fédération crédible et une Equipe nationale construite sur l’excellence, l’équité et la performance. L’objectif ne doit pas être de sanctionner des individus, mais de refonder durablement notre football afin qu’il retrouve les standards d’exigence auxquels aspire tout un Peuple.
Mamadou Biguine GUEYE
Journaliste écrivain
Il faut vite limoger Pape Thiaw !

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