« Haa fof gasat » : Lettre ouverte d’Alla Beye à M. Aldiouma Sow sur la liberté d’expression
Monsieur le Conseiller, La démocratie ne saurait se réduire à une arène de brutalité pulsionnelle ; elle constitue par essence un espace éthique où se confrontent les idées, et où les ambitions se légitiment par la force du meilleur argument.
Lettre ouverte à M. Aldiouma SOW, conseiller du président de la République du Sénégal, en réponse à ses véhémentes diatribes à l’endroit de Walf, de Xaalat TV, de Solo Média et souvent contre la deuxième personnalité de notre pays.
Monsieur le Conseiller,
La démocratie ne saurait se réduire à une arène de brutalité pulsionnelle ; elle constitue par essence un espace éthique où se confrontent les idées, et où les ambitions se légitiment par la force du meilleur argument.
Cependant, vos récentes invectives, caractérisées par l’insulte systématique et l’anathème jeté sur les corps médiatiques (Walf, Xaalat TV, Solo Média) ainsi que très souvent sur la deuxième personnalité de notre pays, ne relèvent plus du dissensus démocratique. Elles transgressent le seuil éthique fondamental au-delà duquel la discussion rationnelle s’effondre, cédant la place à la violence symbolique. Cette dérive constitue une ligne rouge que nous ne pouvons plus ignorer.
Critique de la liberté d’expression
S’en prendre à des organes de presse avec une telle véhémence, ce n’est pas simplement critiquer une ligne éditoriale, c’est tenter de fragiliser le droit à l’information. Dans une République forte, les médias jouent un rôle de vigie. Les diaboliser ou jeter le discrédit sur des journalistes qui exercent leur métier revient à ouvrir la boîte de Pandore de la violence et de la censure par l’intimidation.
Monsieur Sow, le débat républicain, c’est l’échange d’idées contradictoires. Il repose sur des principes fondamentaux : le respect de l’autre, l’écoute, l’utilisation d’arguments apodictiques et rationnels ainsi que la recherche du bien commun.
Monsieur Sow, quel exemple donnez-vous à la jeunesse lorsque vos invectives remplacent l’argument ?
L’honnêteté et la dignité des personnes ou groupes de presse ciblés par vos actions ne doivent plus être le prix à payer pour vos positionnements politiques. La liberté d’expression est un droit fondamental, mais elle porte en elle un devoir absolu : celui de respecter la dignité d’autrui. L’insulte n’a jamais été, et ne sera jamais, une preuve de courage ou de vérité. Elle est, au contraire, l’aveu d’une défaite de la pensée.
Conséquences des invectives sur l’autorité
Chacune de vos insultes ou invectives affaiblit la crédibilité de la présidence. Le public ne voit pas un citoyen s’exprimer, mais la voix du Chef de l’État à travers vous.
La politique et le débat public exigent de la fermeté, mais jamais de la vulgarité. Respectez nos médias cités ci-devant ainsi que la deuxième personnalité de notre pays, qui était hier votre Mentor.
Vos écarts de langage offrent des munitions politiques aux opposants et ternissent l’image du Président de la République qui vous a accordé Sa confiance. Utilisez votre influence pour valoriser le bilan, expliquer les réformes et convaincre par la force des faits plutôt que par l’agressivité verbale.
Naguère fervent partisan du PASTEF, vous avez délaissé vos passions d’hier pour vous livrer à des manœuvres de dénigrement. Vous qui tressiez des couronnes de louanges à Ousmane Sonko d’une voix vibrante d’émotion, jouiez des coudes au premier rang des rassemblements du PASTEF pour capter un simple regard ou une miette de l’aura du Guide de la Révolution, vous vous croyez aujourd’hui investi d’un magistère moral. Vous distribuez blâmes et sentences avec l’aplomb dérisoire d’un juge de touche privé de sifflet.
Pourtant, votre poids politique pèse à peine plus qu’un fétu de paille au milieu d’un ouragan. Vous omettez un détail crucial de votre propre généalogie : sans le poids politique d’Ousmane SONKO, vous seriez encore en train de glander sur les potins de votre quartier ou à chercher de quoi grailler.
Monsieur le Conseiller ! Critiquer est un droit, changer de trajectoire est une liberté, mais cracher avec tant d’application dans la soupe qui vous a nourri et diaboliser l’homme grâce auquel vous avez obtenu un semblant d’existence publique n’est pas de la politique, mais de la pure ingratitude ou de la félonie.
Je voudrais terminer ma lettre par une expression en Poular que nous partageons, pour vous rappeler que dans la vie, « Haa fof gasat » : Tout finit par finir.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Conseiller, mes salutations fraternelles.
Alla BEYE

















































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