Par La Rédaction
Le climat des affaires au Sénégal tangue dangereusement selon le patronat national. Réunies en urgence à Dakar, l’Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal (UNACOIS), l’Association des commerçants et industriels du Sénégal (ACIS) ainsi que le Collectif des entreprises et acteurs du transport et de la logistique du commerce sénégalais (CEATLCS) ont tiré la sonnette d’alarme lors d’une conférence de presse conjointe.
Les dirigeants de ces trois organisations ont dressé un réquisitoire sévère contre un ensemble de contraintes structurelles qui, selon eux, menacent directement la survie du tissu productif local et des emplois qu’il génère.
Un écosystème national pris en étau
Pour Ousmane Sy Ndiaye, secrétaire exécutif de l’UNACOIS, les entreprises locales subissent de plein fouet une asymétrie de marché intenable. Les griefs ne manquent pas : entrée massive de marchandises sous-facturées ou subventionnées, expansion incontrôlée du secteur informel et hégémonie de grands groupes étrangers aux positions dominantes jugées étouffantes.
« Ce n’est pas de la concurrence. C’est une destruction organisée de notre tissu de PME », a fustigé M. Ndiaye devant les journalistes.
Face à cette menace d’asphyxie, le secteur privé réclame des barrières de protection rigoureuses pour sauvegarder la production locale, ainsi que l’institution d’une autorité de régulation de la concurrence totalement indépendante, disposant de réels leviers de contrôle et de sanctions.
Le Port de Dakar dans l’œil du cyclone
La cherté de la logistique portuaire constitue l’autre grand point de friction de cette sortie. Les groupements professionnels déplorent l’alourdissement continu des frais de manutention, des tarifs de stationnement et la lenteur des procédures de dédouanement au Port autonome de Dakar. Une situation paradoxale où le principal levier logistique du pays s’est transformé en un frein majeur à la compétitivité économique.
D’après les estimations communiquées, le cumul des charges logistiques et parafiscales peut s’envoler jusqu’à 45 % de la valeur marchande des biens. Les organisations exigent en conséquence :
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Un audit indépendant de l’ensemble des grilles tarifaires portuaires ;
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Un plafonnement réglementé couplé à une publication officielle des prix ;
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Une refonte globale de la gouvernance du port.
Pour un partenariat État-secteur privé décomplexé
Au-delà des aspects économiques, le patronat pointe du doigt un déficit chronique de concertation de la part des pouvoirs publics, résumant la méthode par un laconique : « On décide sans nous associer ».
Tout en précisant ne réclamer aucune aumône ni subvention de complaisance, les associations exigent la mise en place de rendez-vous trimestriels institutionnalisés avec l’État, adossés à un mécanisme de suivi transparent. Une manière d’assurer que la défense de l’économie nationale devienne enfin une co-construction permanente.
Signé : La Rédaction














































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