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Guinée-Bissau : Horta Inta-A hausse le ton et exige la restitution des armes des proches d’Embaló

Guinée-Bissau : Horta Inta-A hausse le ton et exige la restitution des armes des proches d’Embaló

Guinée-Bissau : Horta Inta-A hausse le ton et exige la restitution des armes des proches d’Embaló

La tension reste palpable au sommet de l’appareil sécuritaire bissau-guinéen. Le président de transition, le général Horta Inta-A, a demandé mercredi 7 octobre aux militaires qui détiendraient encore des armes à leur domicile de les restituer rapidement. Un avertissement qui intervient après le désarmement de plusieurs éléments de l’ancienne garde présidentielle réputés proches de l’ex-président Umaro Sissoco Embaló.

La Guinée-Bissau traverse une nouvelle zone de turbulences alors que la transition militaire doit, en principe, prendre fin avec la tenue des élections présidentielle et législatives annoncées pour le 6 décembre prochain.

S’exprimant à Bissau lors d’une cérémonie consacrée à la promotion de plusieurs hauts responsables militaires, Horta Inta-A a appelé les éléments qui conserveraient encore des armes en dehors des structures régulières de l’armée à les remettre volontairement aux autorités. Il a également insisté sur la nécessité de respecter strictement la chaîne officielle de commandement.

Le chef de la transition a notamment expliqué que l’ancienne structure militaire affectée à la présidence fonctionnait de manière désorganisée. Selon lui, les militaires concernés n’ont pas été exclus des forces armées, mais doivent être redéployés dans d’autres unités. Une commission a été mise en place afin de récupérer les armes et autres équipements attribués dans le cadre de leurs anciennes missions.

Le général a toutefois durci son message à l’endroit de ceux qui refuseraient de restituer leur armement. Il a averti que le refus d’obéir pourrait entraîner des mesures disciplinaires, tout en mettant en garde contre l’existence éventuelle d’ordres parallèles ou échappant à la hiérarchie militaire officielle.

Cette opération intervient dans un contexte particulièrement sensible. Fin septembre, des informations faisant état de tensions au sein de la garde présidentielle avaient circulé, notamment après l’annonce de réaffectations de plusieurs de ses membres. Les autorités avaient alors appelé la population au calme et minimisé la portée des mouvements observés au sein des forces de sécurité.

Mais le contexte politique s’est rapidement tendu avec l’annonce par Umaro Sissoco Embaló de son intention de revenir en Guinée-Bissau et de briguer la présidence lors du scrutin du 6 décembre. L’ancien chef de l’État, renversé par les militaires en novembre 2025, avait annoncé son retour après plusieurs mois d’exil.

Le projet de retour ne s’est finalement pas concrétisé. Le haut commandement militaire a annoncé que les conditions de sécurité n’étaient pas réunies pour permettre à Embaló de rentrer dans le pays. La décision a été justifiée par la nécessité de préserver l’ordre public et la stabilité du pays.

Parallèlement, plusieurs militaires considérés comme proches de l’ancien président ont été désarmés ou redéployés. Ces mouvements ont alimenté les interrogations sur les rapports de force à l’intérieur de l’appareil militaire, même si les autorités présentent officiellement ces opérations comme une réorganisation des forces armées.

Le parcours de Horta Inta-A est lui-même étroitement lié à celui d’Embaló. Le général était considéré comme un proche de l’ancien président avant de prendre la tête de la transition militaire à la suite du coup d’État du 26 novembre 2025. Les militaires avaient alors interrompu le processus électoral, quelques jours après le scrutin présidentiel et législatif et à la veille de l’annonce des résultats provisoires.

À l’époque, des accusations avaient circulé selon lesquelles Embaló aurait lui-même orchestré le renversement afin d’empêcher la publication de résultats qui lui auraient été défavorables. Ces accusations n’ont toutefois pas été établies de manière indépendante et doivent être considérées comme des allégations formulées dans un contexte politique très conflictuel.

Depuis, les relations entre l’ancien président et les autorités militaires se sont nettement détériorées. L’interdiction de son retour, le désarmement de certains éléments de son ancienne garde et les nouvelles injonctions du général Horta Inta-A témoignent d’une volonté affichée de reprendre le contrôle de l’appareil sécuritaire.

Reste désormais une question centrale : le calendrier électoral sera-t-il effectivement respecté ? La junte avait annoncé le 6 décembre comme date de la présidentielle et des législatives, avec l’objectif affiché de restituer le pouvoir aux civils. Mais les tensions récentes au sein de l’armée et l’exclusion de fait d’Embaló du territoire pourraient compliquer davantage le processus politique. Les autorités n’ont, à ce stade, annoncé aucun report du scrutin.

La Guinée-Bissau, petit pays lusophone d’Afrique de l’Ouest situé entre le Sénégal et la Guinée, demeure marquée par une longue histoire d’instabilité militaire depuis son indépendance du Portugal en 1974. Le nouveau bras de fer autour des armes, de la garde présidentielle et du retour d’Embaló intervient donc à quelques semaines d’un scrutin présenté comme une étape décisive vers la fin de la transition.

Sunuker News Desk