L’activité industrielle au Sénégal souffle un court instant. Selon les dernières données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) publiées dans son rapport du 1er juillet 2026, les prix de la production industrielle (hors égrenage de coton) ont connu une légère flexion de 0,3 % au cours du mois de mai 2026, comparativement au mois d’avril. Toutefois, ce fléchissement mensuel masque une réalité beaucoup plus lourde à l’échelle globale : l’inflation industrielle conserve une trajectoire fermement ascendante sur un an.
Le secteur manufacturier tire les prix vers le bas
Ce recul conjoncturel à court terme s’explique essentiellement par la baisse de 1,6 % constatée sur les produits manufacturés. Au sein de cette catégorie, la détente la plus spectaculaire est attribuée aux branches suivantes :
Les produits chimiques et pharmaceutiques.
Les industries du caoutchouc et de la plasturgie.
Ensemble, ces segments ont enregistré une contraction notable de 5,3 % de leurs tarifs sur la période concernée. Pour sa part, la branche spécifique de l’égrenage de coton a elle aussi suivi ce mouvement baissier avec un léger repli de 0,6 % d’un mois sur l’autre.
Les hydrocarbures et les industries extractives restent sous tension
À l’inverse, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Les industries extractives continuent de s’enflammer, affichant une progression mensuelle de 1,6 %. Cette poussée est directement corrélée à la fermeté des cours du pétrole brut, dont l’indice a grimpé de 2,9 % en mai.
Du côté des services publics stratégiques — incluant la distribution d’électricité, de gaz, d’eau, ainsi que les industries de gestion environnementale —, les prix sont restés parfaitement stables, évitant une surchauffe supplémentaire pour les entreprises locales.
Une flambée de +9,1 % en glissement annuel
Il serait toutefois prématuré de crier à la baisse définitive des prix. En glissement annuel (par rapport à mai 2025), l’indice des prix à la production industrielle affiche une hausse globale spectaculaire de 9,1 %. Cette inflation à long terme est principalement alimentée par l’explosion des coûts dans les industries extractives, qui ont bondi de 23,9 % en l’espace de douze mois.
La tendance de fond est confirmée par le cumul des cinq premiers mois de l’année 2026 : les tarifs industriels généraux affichent une augmentation moyenne de 4,5 % par rapport à la même période de l’année précédente. Le tissu industriel sénégalais continue donc d’évoluer dans un environnement de coûts structurellement élevés, malgré les petites respirations mensuelles.
La Rédaction : sunuker.net

















































Laisser une réponse
View Comments