Détournement présumé de 178,6 millions FCFA : deux agents du ministère de la Santé dans le viseur de la DIC
Une vérification administrative a permis de mettre au jour des anomalies dans le paiement des allocations d’étudiants en médecine. Deux agents sont soupçonnés d’avoir organisé un système impliquant leurs propres numéros de téléphone et ceux de plusieurs proches.
La Division des investigations criminelles (DIC) a interpellé deux agents du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, soupçonnés d’être impliqués dans un vaste système de détournement présumé de deniers publics. Selon les éléments communiqués par la Police nationale, le préjudice provisoire est évalué à 178 689 180 FCFA.
L’affaire a été portée à la connaissance des enquêteurs après une saisine des autorités du ministère, à la suite d’un contrôle portant sur le paiement des allocations destinées aux étudiants en septième année de médecine.
Des numéros étrangers aux bénéficiaires dans le fichier de paiement
Tout commence en 2025, lorsque le nouveau gestionnaire du ministère entreprend de vérifier le fichier des étudiants bénéficiaires.
Ces derniers réclamaient notamment le paiement de leurs allocations par l’intermédiaire d’un service de transfert d’argent. En confrontant les états de virement du Trésor public avec les données communiquées par la plateforme de paiement, le gestionnaire aurait constaté plusieurs anomalies.
Des numéros de téléphone enregistrés comme bénéficiaires ne correspondaient en effet pas aux coordonnées des étudiants censés percevoir les allocations.
Cette découverte a conduit les autorités à saisir la Police nationale, ouvrant la voie à une enquête approfondie de la DIC.
Les enquêteurs remontent jusqu’à deux agents
Les investigations auraient permis d’identifier deux agents du ministère comme étant au cœur du dispositif présumé.
Selon la Police, leurs propres numéros de téléphone auraient été introduits dans le fichier des bénéficiaires, de même qu’une dizaine de numéros appartenant à des membres de leurs familles.
Entendus dans le cadre de l’enquête, certains proches auraient confirmé avoir reçu des transferts d’argent avant de remettre l’intégralité des sommes aux deux agents.
Les enquêteurs disposent ainsi d’éléments permettant de retracer une partie des flux financiers et de comprendre le mécanisme présumé utilisé pour récupérer les fonds.
Plus de 93 millions reçus directement
Confrontés aux anomalies relevées dans les fichiers et aux éléments recueillis par les enquêteurs, les deux mis en cause seraient passés aux aveux.
Ils auraient reconnu avoir reçu directement sur leurs comptes respectifs 81 488 220 FCFA pour l’un et 12 240 000 FCFA pour l’autre, soit plus de 93,7 millions de FCFA, auxquels s’ajouteraient les montants perçus à travers les numéros de leurs proches.
Pour expliquer l’utilisation des sommes, les deux agents auraient évoqué des dépenses personnelles, des œuvres sociales ainsi que certaines charges liées au fonctionnement de leurs services.
Ces déclarations devront toutefois être confrontées aux éléments matériels recueillis par les enquêteurs et examinées dans le cadre de la procédure judiciaire.
Direction le Parquet financier
Au terme de leur garde à vue, les deux suspects doivent être présentés au Parquet financier.
Ils sont notamment visés, selon la Police nationale, pour association de malfaiteurs, détournement de deniers publics, faux et usage de faux et blanchiment de capitaux.
L’affaire soulève surtout des interrogations sur les mécanismes de contrôle des fichiers servant au versement de fonds publics. La comparaison entre les données du Trésor et celles de la plateforme de paiement aura, dans ce dossier, permis de révéler des bénéficiaires qui n’auraient pas dû figurer dans le dispositif.
Le montant de 178,6 millions de FCFA, présenté comme provisoire, pourrait par ailleurs évoluer au cours de la procédure, à mesure que les enquêteurs poursuivent l’examen des mouvements financiers.
À ce stade, les accusations restent présumées et la responsabilité pénale des deux agents devra être établie par la justice.
Sunuker News Desk























































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