BCEAO : les taux directeurs maintenus à 3 % face aux risques inflationnistes
La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) maintient le cap de la prudence. Réuni le 9 septembre 2026 à Dakar, le Comité de politique monétaire (CPM) a décidé de conserver inchangés ses principaux taux directeurs, malgré une remontée de l’inflation et les incertitudes liées aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Pas de nouveau changement dans les conditions monétaires de l’UEMOA. À l’issue de sa troisième réunion ordinaire de l’année 2026, le Comité de politique monétaire de la BCEAO a décidé de maintenir le principal taux directeur à 3 %. Le taux d’intérêt applicable au guichet de prêt marginal reste, lui, fixé à 5 %. Le coefficient des réserves obligatoires imposées aux établissements assujettis demeure également à 3 %. Ces niveaux sont en vigueur depuis le 16 mars 2026.
Pour le Gouverneur de la BCEAO et président du CPM, Jean-Claude Kassi Brou, cette décision découle d’une analyse de l’évolution des prix, de l’activité économique, de la situation extérieure de l’Union et des risques susceptibles d’affecter les prochains mois.
Une activité économique toujours solide
La Banque centrale relève une évolution globalement favorable de la conjoncture dans l’Union monétaire ouest-africaine. Au deuxième trimestre 2026, l’activité économique a progressé de 6 % en glissement annuel, après 6,1 % au trimestre précédent. Pour l’ensemble de l’année, la BCEAO table sur une croissance de 6,1 %.
Le financement de l’économie reste également bien orienté. Le crédit bancaire accordé au secteur privé a augmenté de 6,6 % à fin juin 2026, contre 6 % à fin mars. La Banque centrale estime ainsi que les conditions de financement demeurent adéquates malgré le contexte international incertain.
Cette situation favorable s’accompagne d’un renforcement de la position extérieure de l’Union au deuxième trimestre, porté notamment par la progression de la valeur des exportations d’or, de coton, de cacao et de produits pétroliers.
L’inflation repart à la hausse
Si les perspectives de croissance restent encourageantes, la BCEAO demeure attentive à l’évolution des prix. Après avoir enregistré une inflation de -0,2 % au premier trimestre, l’Union a affiché un taux de 0,4 % au deuxième trimestre 2026.
L’accélération s’est poursuivie durant les mois suivants. Dans son allocution du 9 septembre, le Gouverneur Jean-Claude Kassi Brou indique que l’inflation a atteint 1,2 % en juillet puis 1,7 % en août, sous l’effet notamment de la hausse des prix du transport, du logement et de plusieurs produits alimentaires comme la viande, le poisson et les légumes.
La remontée des prix des carburants dans sept des huit États membres de l’Union est également considérée comme un facteur important de cette évolution. La crise au Moyen-Orient fait peser un risque supplémentaire, notamment en raison de ses répercussions sur les chaînes d’approvisionnement énergétiques.
Pour l’ensemble de l’année 2026, la BCEAO prévoit néanmoins une inflation moyenne de 1 %, contre 0 % en 2025. La Banque centrale estime toutefois que les risques haussiers restent importants si les tensions internationales persistent.
La BCEAO privilégie la stabilité
Dans ce contexte, le CPM a choisi de ne pas modifier l’orientation actuelle de la politique monétaire. Pour l’institution, les conditions économiques ne justifient pas, à ce stade, un nouveau mouvement sur les taux.
Cette décision intervient alors que les conditions monétaires se sont déjà assouplies depuis la baisse des taux directeurs opérée en mars 2026. La BCEAO constate également une amélioration de la liquidité bancaire, contribuant au maintien d’un financement relativement dynamique de l’économie.
La prudence reste néanmoins de mise. Dans son communiqué, la Banque centrale indique qu’elle continuera de suivre attentivement l’évolution des prix et des conditions monétaires et qu’elle pourra prendre, si nécessaire, les mesures appropriées afin de préserver la stabilité monétaire et financière de l’Union.
Le choix de maintenir les taux traduit ainsi un équilibre entre deux impératifs : soutenir une activité économique qui demeure robuste tout en évitant qu’une remontée durable de l’inflation ne fragilise les économies de l’UEMOA.
Avec une croissance attendue à 6,1 % cette année, un crédit au secteur privé en progression et une position extérieure renforcée, la conjoncture demeure globalement favorable. Mais les tensions géopolitiques, les prix de l’énergie et l’évolution récente de l’inflation imposent à la BCEAO de conserver une marge de manœuvre.
Sunuker News Desk























































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