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Aminata Touré contre-attaque : « Ousmane Sonko n’a aucune leçon de morale à nous donner »

Aminata Touré contre-attaque : « Ousmane Sonko n’a aucune leçon de morale à nous donner »

Aminata Touré contre-attaque : « Ousmane Sonko n’a aucune leçon de morale à nous donner »

Dakar — La conférence de presse de KIIRAAY – Les Patriotes Républicains a été l’occasion pour Aminata Touré de répondre frontalement aux critiques formulées à son encontre par Ousmane Sonko au sujet de sa gestion de l’ancien Conseil économique, social et environnemental (CESE).

L’actuelle Haute représentante du président de la République rejette les accusations portant notamment sur l’existence présumée de fonds spéciaux au sein du CESE et sur la gestion de plusieurs milliards de francs CFA. Elle assure ne rien redouter d’une éventuelle procédure judiciaire, estimant qu’aucun élément ne justifierait, selon elle, des poursuites.

Aminata Touré réclame la publication des éléments de l’IGE

Au cœur de la polémique figure un rapport de l’Inspection générale d’État (IGE) relatif à la gestion financière du CESE durant la période où Aminata Touré en assurait la présidence.

Selon les accusations rappelées lors de la conférence de presse, Ousmane Sonko lui reproche notamment d’avoir mis en place des fonds qui ne reposeraient sur aucun fondement juridique et d’avoir perçu directement d’importantes sommes d’argent.

Aminata Touré conteste fermement cette présentation. Elle affirme notamment que les investigations menées dans le passé n’ont pas débouché sur des éléments susceptibles, selon elle, de fonder des poursuites.

L’ancienne présidente du CESE a également renouvelé son appel à un examen public du dossier par l’IGE, une demande qu’elle dit porter depuis plusieurs années.

Elle invite par ailleurs les responsables actuels à soumettre leur propre gestion aux mêmes exigences de contrôle : « Il faut demander à l’IGE de venir contrôler les fonds dont vous disposez », a-t-elle lancé, tout en affirmant n’avoir « rien à craindre ».

« Il n’a aucune leçon de morale à nous donner »

Sur le terrain politique, le ton s’est durci. Aminata Touré s’en est directement prise à Ousmane Sonko, estimant que le président de l’Assemblée nationale n’est pas en position, selon elle, de donner des leçons de morale à ses adversaires.

« Il n’a aucune leçon de morale à nous donner », a-t-elle déclaré, avant d’affirmer que son adversaire aurait lui-même renié certaines positions défendues par le passé.

Elle a également rejeté l’hypothèse de poursuites à son encontre, se montrant particulièrement catégorique : « Il ne peut rien contre moi », a-t-elle affirmé, considérant qu’il n’existe pas de matière justifiant une action judiciaire contre elle.

Ces déclarations interviennent alors que le dossier de la gestion du CESE fait partie des affaires financières examinées par les autorités judiciaires. Selon les informations rapportées, le rapport de l’IGE a été transmis au Pool judiciaire et financier, mais aucune décision de justice définitive n’a, à ce stade, établi une quelconque responsabilité pénale d’Aminata Touré.

Le « dossier des martyrs » au cœur de ses priorités

La responsable de KIIRAAY ne s’est pas limitée à la polémique financière. Elle a également évoqué les priorités politiques qu’elle estime devoir être placées au premier plan.

Alors que le président Bassirou Diomaye Faye a annoncé son intention de soumettre plusieurs réformes constitutionnelles à référendum, Aminata Touré estime que d’autres dossiers méritent également une attention particulière.

Elle a notamment cité « le dossier des martyrs », estimant que les autorités actuelles ne feraient pas suffisamment avancer cette question en raison, selon elle, de considérations politiques.

Cette nouvelle sortie de l’ancienne Première ministre illustre la montée des tensions entre plusieurs figures de la scène politique sénégalaise. Le débat autour de la gestion des fonds publics, de la reddition des comptes et des responsabilités éventuelles des anciens dirigeants demeure particulièrement sensible.

Pour l’heure, les accusations et les démentis continuent de s’affronter sur le terrain politique, tandis que la procédure judiciaire doit encore déterminer si des responsabilités pénales peuvent être retenues dans le dossier du CESE.

Sunuker News Desk