Affaire Ouzin Keïta : le parquet veut envoyer les 15 inculpés devant le tribunal correctionnel
L’instruction est désormais terminée dans l’affaire Ouzin Keïta. Le parquet a rendu son réquisitoire définitif et demande le renvoi des quinze inculpés devant le tribunal correctionnel. Une nouvelle étape judiciaire qui place désormais le dossier entre les mains du doyen des juges.
Le dossier judiciaire impliquant le comédien Ousseynou Keïta, dit Ouzin Keïta, et quatorze autres personnes entre dans une phase décisive. Après plusieurs mois d’instruction, le parquet a officiellement requis leur renvoi devant le tribunal correctionnel pour plusieurs chefs d’accusation, notamment association de malfaiteurs, actes contre nature, proxénétisme, transmission volontaire du VIH/Sida, escroquerie et chantage à caractère sexuel.
L’affaire avait éclaté en mars 2026, à la suite d’une intervention de la Division des investigations criminelles dans un appartement situé à Ouest-Foire. Les quinze personnes mises en cause avaient ensuite été placées sous mandat de dépôt dans le cadre de l’information judiciaire.
Un dossier désormais entre les mains du doyen des juges
Le réquisitoire du parquet ne constitue toutefois pas encore une décision de renvoi définitive. C’est désormais au doyen des juges qu’il revient de se prononcer sur l’orientation judiciaire du dossier.
S’il suit les réquisitions du ministère public, les quinze inculpés seront renvoyés devant le tribunal correctionnel pour répondre des différentes accusations retenues contre eux. Le magistrat instructeur conserve néanmoins la possibilité de ne pas suivre intégralement les réquisitions du parquet.
Cette nuance est importante : Ouzin Keïta et ses co-inculpés demeurent présumés innocents tant qu’une juridiction n’a pas établi leur culpabilité.
Une affaire qui intervient après le durcissement de l’article 319
Le dossier intervient dans un contexte juridique particulièrement nouveau au Sénégal. La loi n°2026-08 du 27 mars 2026 a profondément modifié l’article 319 du Code pénal. Le texte, promulgué le 27 mars et publié au Journal officiel le 30 mars, définit désormais plus précisément les « actes contre nature » et porte les peines encourues à cinq à dix ans d’emprisonnement, assorties d’une amende de 2 à 10 millions de francs CFA.
La réforme prévoit également des dispositions relatives notamment à l’apologie et au financement des actes visés par la nouvelle législation. En cas d’acte commis sur un mineur, le texte prévoit l’application du maximum de la peine.
Cette évolution législative donne donc une dimension particulière à la procédure visant Ouzin Keïta et ses co-prévenus.
Le volet VIH parmi les charges retenues
Le dossier comporte également un volet relatif à la transmission volontaire du VIH/Sida. Cinq des personnes interpellées avaient été testées positives au VIH, selon les informations rapportées par plusieurs médias sénégalais. Cet élément fait partie des faits examinés dans le cadre de l’instruction.
Il appartiendra toutefois à la justice de déterminer, sur la base des éléments du dossier, si les conditions légales permettant de retenir cette qualification sont effectivement réunies à l’encontre des personnes poursuivies.
Une étape judiciaire loin d’être synonyme de condamnation
Le réquisitoire définitif marque donc une avancée importante de la procédure, mais il ne préjuge pas de l’issue du procès.
La prochaine décision sera celle du doyen des juges. Il devra déterminer si les charges réunies justifient le renvoi des quinze inculpés devant le tribunal correctionnel, s’il convient de modifier l’orientation du dossier ou si certains mis en cause doivent bénéficier d’une décision différente.
Pour Ouzin Keïta, détenu depuis mars, le dossier entre ainsi dans une phase où la bataille judiciaire va désormais porter autant sur la qualification des faits que sur la solidité des éléments réunis pendant l’instruction.
Cette affaire pourrait également constituer l’un des premiers dossiers très médiatisés examinés sous le nouveau régime de l’article 319 du Code pénal, quelques mois seulement après son entrée en vigueur.
Sunuker News Desk
















































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