L’Afrique au cœur des nouvelles rivalités mondiales : une opportunité historique ou un nouveau risque de dépendance ? (2e Partie)
Comment le continent peut transformer les rivalités internationales en levier de souveraineté et de prospérité
Par Ndiawar Diop la Rédaction de Sunuker News Desk
Les BRICS : une nouvelle fenêtre d’opportunités pour l’Afrique
L’élargissement des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud et leurs nouveaux membres) marque un tournant majeur dans l’équilibre géopolitique mondial. Pour de nombreux pays africains, cette évolution ouvre la voie à une diversification des partenariats économiques et financiers.
L’intérêt des BRICS pour l’Afrique ne se limite pas aux matières premières. Il concerne également les infrastructures, les nouvelles technologies, l’agriculture, l’énergie, la santé, la recherche scientifique et les systèmes financiers alternatifs.
Cette nouvelle dynamique permet aux États africains de ne plus dépendre d’un seul partenaire économique ou financier.
Dans un monde multipolaire, la diversification devient un instrument de souveraineté.
L’Afrique réclame une réforme de la gouvernance mondiale
Depuis plusieurs décennies, les dirigeants africains dénoncent le déséquilibre qui caractérise certaines institutions internationales.
Le continent représente près de 20 % de la population mondiale, mais demeure sous-représenté dans plusieurs instances décisionnelles.
La revendication d’une représentation permanente de l’Afrique au Conseil de sécurité des Nations unies revient régulièrement dans les sommets internationaux.
Pour beaucoup d’observateurs, les institutions créées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale doivent évoluer afin de mieux refléter les réalités géopolitiques du XXIᵉ siècle.
L’Afrique ne demande pas un privilège.
Elle demande une représentation conforme à son poids démographique, économique et politique.
La diplomatie économique devient prioritaire
Les ambassadeurs africains ne sont plus uniquement des représentants politiques.
Ils deviennent progressivement des acteurs du développement économique.
Attirer des investisseurs.
Faciliter les exportations.
Créer des partenariats universitaires.
Promouvoir le tourisme.
Accompagner les entreprises nationales à l’international.
Valoriser les opportunités d’investissement.
La diplomatie moderne est désormais étroitement liée à l’économie.
Chaque ambassade devrait devenir une véritable plateforme de promotion des intérêts économiques nationaux.
Le pouvoir de la diaspora
Les diasporas africaines constituent aujourd’hui un atout diplomatique considérable.
Présents dans les universités, les entreprises, les organisations internationales, les centres de recherche et les institutions politiques, des millions d’Africains contribuent au rayonnement de leur continent d’origine.
Ils jouent un rôle essentiel dans :
- les transferts de compétences ;
- les investissements ;
- les échanges universitaires ;
- la coopération scientifique ;
- le développement des entreprises.
Les gouvernements africains gagneraient à intégrer davantage leurs diasporas dans leurs stratégies diplomatiques.
Le soft power africain, une influence en pleine expansion
La puissance d’un pays ne se mesure plus uniquement à son armée ou à son économie.
La culture est devenue un formidable instrument d’influence.
La musique africaine domine aujourd’hui les plateformes de streaming.
Les créateurs de mode africains défilent sur les plus grandes scènes internationales.
Le cinéma africain conquiert progressivement les festivals mondiaux.
La gastronomie, la littérature, les arts visuels et le sport participent également au rayonnement du continent.
Cette influence culturelle améliore l’image de l’Afrique et favorise les échanges économiques.
Le soft power devient ainsi un véritable outil diplomatique.
Parler d’une seule voix
L’une des principales faiblesses de l’Afrique demeure parfois la dispersion de ses positions diplomatiques.
Sur plusieurs dossiers internationaux, les États africains défendent encore des approches différentes.
Pourtant, lorsqu’ils agissent collectivement, leur poids devient considérable.
L’Afrique représente :
- 54 États souverains ;
- près de 1,6 milliard d’habitants ;
- l’un des plus importants marchés émergents du monde ;
- des ressources naturelles stratégiques indispensables à l’économie mondiale.
Une position commune sur les grandes questions internationales renforcerait considérablement son influence.
Les défis climatiques imposent une nouvelle diplomatie
Le changement climatique constitue désormais l’un des principaux sujets diplomatiques du continent.
L’Afrique contribue relativement peu aux émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Pourtant, elle figure parmi les régions les plus exposées aux conséquences du réchauffement climatique.
Sécheresses.
Inondations.
Désertification.
Insécurité alimentaire.
Déplacements de populations.
La diplomatie climatique devient donc une priorité.
Le continent plaide pour un financement plus important de l’adaptation climatique, des transferts de technologies et une meilleure prise en compte de ses besoins spécifiques.
Défendre les intérêts africains avant tout
Les partenariats internationaux doivent désormais être évalués à l’aune d’une seule question :
Profitent-ils réellement aux populations africaines ?
Les investissements étrangers sont essentiels.
Mais ils doivent favoriser :
- le transfert de technologies ;
- la formation des jeunes ;
- la création d’emplois locaux ;
- la transformation industrielle ;
- la protection de l’environnement ;
- le développement des entreprises africaines.
Les accords internationaux doivent être construits dans une logique de bénéfices mutuels.
L’époque où l’Afrique exportait uniquement ses matières premières sans développer sa propre industrie doit progressivement appartenir au passé.
Une diplomatie de solutions
Le monde traverse une période de fortes tensions géopolitiques.
Dans ce contexte, l’Afrique peut jouer un rôle de médiateur.
Son expérience des mécanismes de dialogue, des médiations régionales et de la coopération Sud-Sud constitue un atout précieux.
Le continent peut devenir un acteur de paix, de stabilité et de coopération internationale.
Cette diplomatie de solutions renforcera sa crédibilité sur la scène mondiale.
L’heure de la souveraineté africaine
Le XXIᵉ siècle pourrait consacrer une nouvelle étape de l’histoire africaine.
Une Afrique qui ne subit plus les décisions des autres.
Une Afrique qui négocie d’égal à égal.
Une Afrique qui transforme ses ressources sur son propre sol.
Une Afrique qui investit dans son capital humain.
Une Afrique qui exporte davantage de produits finis que de matières premières.
Une Afrique qui choisit librement ses partenaires sans renoncer à son indépendance.
L’avenir diplomatique du continent dépendra moins des rivalités entre les grandes puissances que de la capacité des dirigeants africains à défendre une vision commune du développement.
Le véritable défi n’est pas de choisir entre l’Est et l’Ouest, entre le Nord et le Sud.
Le véritable défi consiste à choisir l’Afrique.
À faire de chaque partenariat un levier de prospérité.
À placer les intérêts des peuples africains au-dessus de toute autre considération.
Car une diplomatie réussie est avant tout une diplomatie qui améliore concrètement la vie de ses citoyens.
Le temps est venu pour l’Afrique de ne plus être seulement l’objet des stratégies mondiales.
Elle doit désormais en devenir l’un des principaux architectes.
Par Ndiawar Diop pour la Rédaction de Sunuker News Desk
















































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