La commune de la Patte d’Oie est secouée par une sombre affaire de justice privée qui a viré au drame. Trois agents de sécurité ont été déférés au parquet, accusés de coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort d’un individu qu’ils avaient eux-mêmes livré aux forces de l’ordre.
L’incident, qui remonte à ce dimanche, relance cruellement le débat sur les dangers de la vindicte populaire au Sénégal. Trois vigiles, répondant aux initiales de M. Touré, A. Barry et S. Guèye, dorment désormais derrière les barreaux. Leur tort ? Avoir outrepassé leurs prérogatives lors de l’arrestation d’un homme soupçonné de tentative de vol.
Une interpellation qui tourne au drame
Selon les informations initialement ébruitées par le quotidien Libération, le trio de gardiens a surpris un individu en flagrant délit supposé : ce dernier aurait tenté de forcer la portière d’un véhicule stationné dans leur périmètre de surveillance. Les vigiles décident alors de le maîtriser et de l’acheminer directement au commissariat des Parcelles Assainies.
Cependant, à leur arrivée dans les locaux de la police, le tableau est alarmant. Le suspect, mal en point, est incapable de se tenir sur ses deux jambes, et encore moins de prononcer son nom ou de décliner son identité. Face à la détresse physique évidente de l’homme, les policiers de garde ordonnent son évacuation immédiate vers l’hôpital Abass Ndao. L’urgence médicale ne suffira malheureusement pas : l’individu a rendu l’âme durant son transfert.
La version des vigiles démontée par l’autopsie
Immédiatement placés en garde à vue suite à ce décès suspect, les trois agents de sécurité ont tenté de se disculper. Lors de leurs auditions, s’ils ont reconnu avoir solidement ligoté le présumé voleur pour le neutraliser, ils ont catégoriquement nié l’avoir tabassé ou violenté.
Une ligne de défense qui n’a pas résisté aux conclusions médicales. En effet, le rapport d’autopsie a mis en évidence des constatations médico-légales qui contredisent frontalement les déclarations des mis en cause, aggravant ainsi leur cas face à la justice.
À l’heure actuelle, le corps sans vie n’a toujours pas été identifié. L’enquête suit son cours pour élucider les circonstances exactes de ce drame et situer le niveau de responsabilité de chaque vigile. Une fin tragique qui vient rappeler aux citoyens que force doit toujours rester à la loi et que se faire justice soi-même peut mener aux pires extrémités.
La Rédaction : sunuker.com

















































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