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Soudan–Arabie saoudite : Riyad renforce son partenariat avec le camp d’al-Burhan sur fond de guerre

Soudan–Arabie saoudite : Riyad renforce son partenariat avec le camp d’al-Burhan sur fond de guerre

Soudan–Arabie saoudite : Riyad renforce son partenariat avec le camp d’al-Burhan sur fond de guerre

Alors que la guerre qui oppose depuis plus de trois ans l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide (FSR) continue de ravager le pays, un nouveau rapprochement se dessine sur les rives de la mer Rouge. Le Soudan et l’Arabie saoudite ont signé, lundi 17 août 2026 à Riyad, un accord instituant un Conseil suprême de coopération et de coordination stratégique, destiné à donner un cadre plus structuré à leurs relations bilatérales. (Sudan Tribune)

L’accord a été signé par les ministres des Affaires étrangères des deux pays. Il doit notamment permettre de renforcer la coopération politique, économique, commerciale et dans plusieurs autres secteurs stratégiques. Cette nouvelle architecture institutionnelle intervient alors que les contacts entre Khartoum et Riyad se multiplient dans un contexte régional particulièrement sensible. (Al Arabiya English)

Mais derrière cette coopération officielle se joue également une importante bataille d’influence autour de l’avenir du Soudan.

Riyad se rapproche davantage d’al-Burhan

Depuis le déclenchement de la guerre en avril 2023 entre les Forces armées soudanaises (SAF) dirigées par le général Abdel Fattah al-Burhan et les FSR du général Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemedti », l’Arabie saoudite tente de préserver une position d’interlocuteur régional incontournable.

Riyad a notamment accueilli les négociations de Jeddah destinées à obtenir une trêve et à faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire. Mais les initiatives diplomatiques n’ont jusqu’ici pas permis de mettre durablement fin aux combats.

Le contexte évolue cependant. Les autorités soudanaises contrôlées par l’armée multiplient désormais les échanges avec Riyad, tandis que les combats se poursuivent et que les alliances régionales autour du conflit se recomposent. Des responsables soudanais ont récemment tenu des discussions à Riyad et à Ankara, sur fond de renforcement de la coopération sécuritaire autour de la mer Rouge. (Al-Monitor)

Pour le camp d’al-Burhan, le partenariat avec l’Arabie saoudite représente à la fois un soutien diplomatique important et un moyen de renforcer ses relations avec une puissance disposant d’une influence considérable dans le monde arabe et musulman.

Un rapprochement qui dépasse la seule guerre

La création du nouveau Conseil ne signifie pas pour autant que Riyad ait officiellement abandonné son rôle de médiateur. L’Arabie saoudite reste intéressée par une sortie de crise, notamment en raison des conséquences humanitaires et sécuritaires du conflit sur l’ensemble de la région de la mer Rouge.

Mais la diplomatie saoudienne doit également défendre ses propres intérêts stratégiques. Le Soudan occupe une position géographique majeure, face à la péninsule Arabique. Ses côtes sur la mer Rouge, ses ressources agricoles et minières ainsi que sa proximité avec l’Égypte et la Corne de l’Afrique en font un partenaire particulièrement important pour Riyad.

La guerre soudanaise a par ailleurs attiré l’implication de plusieurs puissances régionales et internationales, transformant progressivement le conflit en un véritable échiquier géopolitique. Les discussions autour du Soudan impliquent notamment l’Égypte, les Émirats arabes unis, la Turquie, l’Iran, les États-Unis et l’Arabie saoudite, avec des intérêts parfois divergents.

Dans ce contexte, l’institutionnalisation des relations entre Riyad et Khartoum constitue un signal politique fort.

Une position délicate pour Riyad

L’Arabie saoudite doit toutefois avancer avec prudence. Un soutien trop marqué à un seul camp pourrait compliquer son rôle de médiateur et réduire sa capacité à dialoguer avec les différentes parties soudanaises.

Le général al-Burhan affirme de son côté que l’armée reste ouverte à de véritables initiatives de paix, tout en continuant à déclarer vouloir vaincre les FSR. (Saudi Gazette)

Cette position illustre le dilemme auquel sont confrontés les médiateurs : comment favoriser une solution négociée alors que les protagonistes restent attachés à des objectifs militaires difficilement conciliables ?

Pour le chercheur Marc Lavergne, spécialiste du Soudan et du Golfe, le rapprochement entre Riyad et le camp d’al-Burhan doit donc être analysé à la lumière des intérêts propres de l’Arabie saoudite, mais aussi de la compétition régionale autour de la mer Rouge.

La création du Conseil suprême pourrait ainsi constituer beaucoup plus qu’un simple mécanisme administratif. Elle pourrait devenir un instrument permettant à Riyad de consolider son influence au Soudan et de mieux défendre ses intérêts économiques, politiques et sécuritaires dans un pays dont l’avenir reste profondément incertain.

Alors que les armes continuent de parler sur le terrain, la diplomatie dessine elle aussi de nouvelles lignes de front. Et dans cette recomposition, l’Arabie saoudite semble vouloir occuper une place centrale.

Sunuker News Desk