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Affaire des 200 millions à Zac Mbao : neuf policiers condamnés, le dossier devant la Cour suprême

Affaire des 200 millions à Zac Mbao : neuf policiers condamnés, le dossier devant la Cour suprême

Affaire des 200 millions à Zac Mbao : neuf policiers condamnés, le dossier devant la Cour suprême

L’affaire des 200 millions de francs CFA présumés soustraits à deux commerçants maliens lors d’une opération policière à Zac Mbao connaît un nouveau développement judiciaire. Les neuf policiers de la Brigade de recherches du commissariat de Zac Mbao, initialement placés sous mandat de dépôt en juillet 2024, ont depuis été condamnés en première instance puis en appel à deux ans d’emprisonnement ferme. Leurs avocats ont toutefois saisi la Cour suprême, ce qui signifie que la procédure n’est pas définitivement close.

L’affaire remonte à la nuit du 20 au 21 juillet 2024. Deux commerçants maliens, Vonama Ombatidé et Aly Djiguiba, avaient été interceptés à hauteur du rond-point Sedima, à la suite d’informations fournies par un indicateur de police, Doudou Cissé. Les agents pensaient intervenir dans le cadre d’un possible transport de cocaïne. La fouille du véhicule avait finalement permis de découvrir d’importantes sommes d’argent en liquide. Selon les plaignants, les sacs contenaient au total 650 millions de francs CFA. Or, seuls 450 millions avaient été officiellement recensés au commissariat, faisant apparaître un écart de 200 millions.

C’est cette différence qui est devenue le cœur du dossier judiciaire. Les policiers ont contesté les accusations portées contre eux lors de l’enquête. Mais les investigations de la Division des investigations criminelles (DIC) ont permis de récupérer plusieurs éléments vidéo. Des images provenant de caméras installées sur le trajet emprunté après l’interpellation ont notamment été exploitées par les enquêteurs. Elles auraient montré des policiers en train de déplacer ou de décharger des sacs d’argent depuis un véhicule lié à l’indicateur.

Un autre élément particulièrement important concernait une caméra infrarouge installée dans le coffre-fort où l’argent aurait été conservé avant l’interception. Les plaignants soutenaient que ce dispositif avait permis d’enregistrer le contenu du coffre et de documenter la somme initialement présente. Ces éléments ont été versés à la procédure et ont contribué aux investigations menées par la DIC.

Au fil de l’enquête, les investigations ont également conduit à une perquisition au domicile de l’un des mis en cause, dans le secteur des Almadies 2. Les enquêteurs y avaient découvert deux coffres-forts, dont l’un contenait plus de 60 millions de francs CFA, tandis que l’autre était vide. Les sommes saisies, notamment les 450 millions retrouvés lors de l’interpellation et les fonds récupérés lors de la perquisition, avaient été placées sous scellés au parquet.

Au total, douze personnes avaient été visées au début de la procédure : les neuf policiers, l’indicateur Doudou Cissé ainsi que les deux ressortissants maliens. Ces derniers avaient notamment été poursuivis pour des faits de blanchiment de capitaux. Ils ont finalement été définitivement relaxés de cette infraction dans la procédure ayant abouti aux décisions judiciaires récentes.

Sur le plan judiciaire, la Cour d’appel de Dakar a confirmé en avril 2026 la condamnation des neuf policiers et de leur indicateur à deux ans de prison ferme. La juridiction a retenu le délit de vol en réunion, tout en abandonnant les qualifications initiales d’association de malfaiteurs et d’abus d’autorité. Les condamnés ont également été déclarés solidairement responsables du paiement de 200 millions de francs CFA de dommages et intérêts aux deux commerçants maliens.

La défense a contesté cette décision et introduit un pourvoi en cassation. Le dossier se trouve donc désormais entre les mains de la Cour suprême, qui devra se prononcer sur les recours introduits par les condamnés.

Cette affaire, qui avait suscité une vive attention au Sénégal, met également en lumière la question de la responsabilité des forces de sécurité dans la gestion des biens saisis lors des opérations. Au-delà du montant en jeu, la décision définitive de la justice sera particulièrement scrutée, compte tenu des accusations portées contre des agents chargés précisément de faire respecter la loi.

Sunuker News Desk