Dakar, Sénégal – Face aux menaces épidémiques croissantes qui pèsent sur le continent, l’Afrique de l’Ouest consolide ses remparts sanitaires. Du 30 juin au 3 juillet 2026, l’Institut Pasteur de Dakar (IPD), en étroite collaboration avec l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS), a réuni les experts des laboratoires nationaux de référence de l’espace CEDEAO pour une session intensive de renforcement des capacités.
L’urgence face à la souche « Bundibugyo »
Cette initiative intervient alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a décrété une Urgence de santé publique de portée internationale. En effet, la République démocratique du Congo (RDC) fait face à sa 17e flambée d’Ebola — désormais la troisième plus grave de son histoire —, provoquée par l’espèce rare Bundibugyo. Au début du mois de juillet 2026, le bilan global franchit la barre des 1 460 cas confirmés pour plus de 450 décès en RDC, tandis que le virus a également touché l’Ouganda (Kampala) et provoqué une alerte internationale après la détection, le 24 juin dernier à Paris, d’un premier cas importé hors d’Afrique (un médecin humanitaire français).
Contrairement à la souche Zaïre, la variante Bundibugyo présente une distance génétique d’environ 40 %, limitant l’efficacité des vaccins et des traitements traditionnels. C’est pour répondre à cette spécificité biologique complexe que l’atelier de Dakar s’est focalisé sur les techniques de pointe en diagnostic moléculaire, le séquençage génomique et les normes de biosécurité, incluant aussi la détection du virus Andes (un hantavirus).
Une stratégie collective indispensable
Le Dr Olivier Manigart, directeur de l’OOAS, a mis en garde contre les facteurs aggravants tels que les conflits armés et la forte porosité des frontières qui accélèrent la propagation des pathogènes. Faisant écho à ces préoccupations, l’administrateur général de l’Institut Pasteur de Dakar, Ibrahima Socé Fall, a vigoureusement plaidé pour une mutualisation des compétences :
« Les épidémies ne connaissent pas de frontières », a-t-il rappelé, incitant les scientifiques à vulgariser les acquis de cette formation dès leur retour pour fortifier leurs systèmes de santé respectifs.
Le Sénégal, pilier de la surveillance régionale
Salué par le représentant de l’OMS, Yao Michel, comme un véritable « centre d’excellence régional », l’Institut Pasteur de Dakar s’affirme une fois de plus comme le cœur de la diplomatie sanitaire en Afrique de l’Ouest. En s’appuyant notamment sur le déploiement du système sentinelle syndromique 4S, la sous-région se dote d’un outil d’alerte précoce crucial pour identifier les menaces émergentes avant qu’elles ne se transforment en crises humanitaires majeures. Face aux traumatismes laissés par l’épidémie historique d’Ebola en Afrique de l’Ouest (2014-2016), les autorités sanitaires rappellent à l’unisson une vérité fondamentale : en matière de sécurité publique, la préparation s’avère toujours bien moins coûteuse que la riposte.
La Rédaction : sunuker.net












































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