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Mbour : Le Conseil municipal s’explique sur le gel de 2,2 milliards FCFA et le coup d’arrêt des chantiers locaux

La municipalité de Mbour traverse une zone de fortes turbulences financières. Réuni en session ordinaire ce lundi 29 juin 2026, le Conseil municipal a examiné le compte administratif de l’exercice 2025. Cette séance, cruciale pour l’évaluation des investissements et des dépenses de fonctionnement de la commune, a mis en lumière un paradoxe frappant : alors que les caisses affichent un excédent, les chantiers locaux sont désespérément à l’arrêt.

Un excédent de 2,2 milliards FCFA paradoxalement bloqué

Face à la grogne légitime des administrés devant la lenteur des projets publics, les élus mbourois ont tenu à clarifier la situation via un communiqué officiel. Un « report à nouveau » massif s’levant à 2 220 206 308 FCFA a été formellement constaté sur le budget de la commune. Cependant, la municipalité insiste sur le fait que cette importante réserve financière ne traduit en aucun cas un manque de volonté politique ou d’ambition pour la ville.

Le Trésor public et le PACASEN pointés du doigt

Pour justifier la paralysie des chantiers de développement, le Conseil municipal évoque deux goulots d’étranglement administratifs et financiers majeurs :

  1. Le gel des fonds du PACASEN : Les financements attendus du Programme d’appui aux communes et agglomérations sénégalaises (PACASEN), leviers indispensables pour le financement des infrastructures de base, n’ont pas été mis à disposition à temps.

  2. Les lenteurs du Trésor public : Des blocages persistants et récurrents au niveau des procédures de décaissement du Trésor ont lourdement entravé la mobilisation des ressources propres de la ville et le règlement des factures des prestataires.

Ces contraintes majeures ont eu un impact désastreux sur le terrain : le taux d’exécution des dépenses d’investissement s’est effondré à un niveau historiquement bas de 4,36 %. En parallèle, les dépenses de fonctionnement n’ont pu être honorées qu’à hauteur de 49,97 %, en dépit de l’urgence des besoins exprimés au quotidien par les populations.

Un appel pressant à l’État pour libérer les projets

Tout en affirmant partager pleinement l’inquiétude et l’impatience des résidents face aux retards cumulés dans la livraison des infrastructures, le Conseil municipal dégage sa responsabilité directe. Les élus rappellent que ces dysfonctionnements relèvent de facteurs totalement indépendants de la gestion locale.

La municipalité interpelle directement les autorités étatiques compétentes afin que ces verrous bureaucratiques soient levés sans délai. Elle réclame une plus grande flexibilité ainsi qu’une accélération des circuits de traitement des opérations financières destinées aux collectivités territoriales.

Le Conseil réaffirme son engagement total à relancer l’ensemble des projets d’aménagement (routes, éclairage public, assainissement) dès que les fonds seront débloqués, et invite les populations de Mbour à la sérénité et à la confiance.

La Rédaction : sunuker.net