Réponse à Juan Branco
Il arrive un moment où la Nation doit se lever et parler d’une seule voix. Non pour applaudir les excès, ni pour suivre les passions du jour, mais pour rappeler que la République n’est pas un théâtre, encore moins une scène offerte aux ambitions personnelles, aux frustrations d’acteurs intérieurs/extérieurs ou aux improvisations de militants surexcités.
Depuis quelques semaines, le Sénégal assiste à un spectacle préoccupant : des discours incendiaires, des interprétations abusives de la Constitution, des mises en cause directes des institutions, parfois servies par des voix étrangères dont la crédibilité est déjà ébranlée ailleurs. Il faut le dire sans détour : il y a une tentative d’instrumentalisation de notre démocratie. Et elle doit être rejetée avec la fermeté qui s’impose.
L’Etat sénégalais n’est pas une fiction
Certains s’imaginent que le pouvoir se conquiert par la rhétorique et s’exerce par l’intimidation. D’autres veulent faire croire que la légitimité populaire, aussi forte soit-elle, peut se substituer à la légalité républicaine. D’autres encore, étrangers ou nationaux, parlent de notre pays comme d’un territoire sans défense institutionnelle, où chacun pourrait s’ériger en tuteur moral. Tout cela est faux. Et dangereux.
Le Sénégal repose sur un régime présidentiel clair, voulu par le Peuple et consacré par la Constitution. Le président de la République n’est ni un figurant ni un délégataire d’humeur. Il est le chef de l’Ctat, le Chef suprême des Armées, le garant de l’ordre républicain. Son marathon militaire l’a rappelé : l’autorité publique ne se partage pas dans les coulisses, elle s’exerce au grand jour, sous le regard du Peuple et dans le respect des lois.
On a vu surgir, une fois encore, la figure de Juan Branco, avocat en quête permanente d’une tribune, multipliant les accusations aussi spectaculaires que fragiles. Faut-il rappeler que cet homme qui se proclame défenseur des peuples peine déjà à défendre sa propre réputation devant les tribunaux européens ? Faut-il rappeler ses condamnations, ses interdictions de territoire, ses échecs judiciaires à répétition ? Le Sénégal n’a pas vocation à devenir le théâtre des combats que d’autres ont déjà perdus ailleurs. Notre pays n’est pas un décor pour carrières déclinantes. Nous n’avons pas besoin d’aventuriers qui confondent indignation médiatique et engagement sincère.
Il y a également, au sein même du paysage politique national, des voix qui se trompent de combat. Certains militants, dopés par une victoire électorale historique, s’imaginent désormais au-dessus des règles. Certains directeurs généraux, récemment promus, pensent que leur proximité politique leur attribue un droit de défiance envers le chef de l’Etat. C’est une erreur. Et une faute.
La révolution démocratique de 2024 n’a ni détruit l’Etat, ni redéfini la Constitution, ni instauré une cogestion floue où les institutions devraient s’incliner devant des pressions militantes. Elle a renforcé le désir de justice, pas aboli l’ordre républicain. Elle a donné un nouvel élan, pas une permission de chaos. Je dirai aux militants exaltés : la révolution n’a pas aboli la République.
A force d’oublier les nuances, certains en viennent à présenter un leader politique comme «le seul détenteur de la souveraineté nationale». Cette affirmation n’est pas seulement fausse : elle est dangereuse. Légitimité ne signifie pas omnipotence. Le Sénégal n’a jamais confondu le charisme d’un homme avec la structure de son Etat. Notre démocratie repose sur des institutions, pas sur des messies. Ceux qui réclament que l’administration «se soumette ou se démette» oublient que l’histoire africaine a déjà montré où mènent de tels excès. La légitimité populaire donne de la force. Mais seule la légalité républicaine garantit la paix.
Le Sénégal n’a de leçons à recevoir de personne
A ceux d’ici et d’ailleurs qui s’imaginent que l’Etat sénégalais hésitera, tremblera ou se laissera dicter sa conduite, une réponse simple s’impose : le Sénégal débat, le Sénégal écoute. Mais le Sénégal ne se soumet jamais. Notre pays a construit sa stabilité par la discipline de ses forces, la maturité de son Peuple et la résilience de ses institutions. Il ne cèdera pas cette stabilité aux contre-vérités, aux improvisations idéologiques et aux dérives narcissiques.
Préserver la République, c’est protéger notre avenir. La République n’est pas un théâtre, parce qu’elle n’a pas besoin de spectacle. Elle a besoin de sérieux, de responsabilité, d’humilité et de fermeté. Elle a besoin d’un Président respecté, d’une Administration disciplinée et d’un Peuple conscient de la valeur de son héritage démocratique. Ceux qui cherchent à détourner la révolution de 2024 de ses objectifs, à créer une fracture entre institutions, ou à importer dans notre pays leurs batailles personnelles, doivent comprendre que la République veille. Et qu’elle se défendra. Parce qu’au Sénégal, le pouvoir n’est pas une mise en scène : c’est un contrat sacré.
Amadou DIOP Carter
Expert Informatique
Président de la Coalition Nun Nepp
Membre de Diomaye Président


















































Laisser une réponse
View Comments