Face à la déforestation galopante et aux effets du changement climatique, la région de Kolda (au cœur du Fouladou) déploie les grands moyens pour sauver l’une de ses espèces végétales les plus précieuses : le palmier à huile sauvage (Elaeis guineensis). À travers la distribution de 3 000 jeunes plants, un ambitieux projet alliant sauvegarde de l’écosystème et autonomisation économique des femmes vient d’être lancé.
Longtemps menacé par la surexploitation, les feux de brousse et la coupe abusive, le palmier à huile sauvage est pourtant une essence vitale pour la biodiversité et l’économie du sud du Sénégal. Pour inverser la courbe de sa disparition, l’organisation AWSOFMAY, sous la houlette d’ADIS Universel, a initié une vaste campagne de repeuplement. Ce projet d’envergure cible non seulement la commune de Kolda, mais s’étend également à 710 villages du département.
L’objectif est double : reconstituer un couvert végétal fortement dégradé et transformer cette ressource naturelle en un véritable levier d’émancipation financière, particulièrement pour les femmes du monde rural qui sont traditionnellement au cœur de la transformation de ses produits.
L’huile de palme, une filière hautement lucrative en Casamance
L’intérêt de ce reboisement dépasse largement le cadre environnemental ; il est profondément ancré dans la réalité économique locale. L’huile de palme rouge, ingrédient incontournable de la gastronomie sénégalaise (notamment pour la préparation du célèbre Soupou Kandja ou du C’est bon), connaît une forte demande.
Actuellement sur les marchés de la région naturelle de Casamance, le litre de ce précieux liquide se négocie à prix d’or, oscillant entre 1 500 et 2 500 francs CFA selon les périodes. Une flambée des prix qui ouvre des perspectives reluisantes pour les populations locales. « Cette tendance haussière constitue une belle opportunité pour les communautés de cette contrée du Fouladou de s’enrichir dans le futur », se réjouit un bénéficiaire du projet. L’enjeu est donc d’aider ces communautés à structurer une filière durable, capable de générer des revenus réguliers sans détruire la ressource mère.
Cap sur les 10 000 plants dès l’année prochaine
L’initiative, qui gagne du terrain, s’est poursuivie ce lundi 10 août dans le département de Médina Yoro Foula, une zone frontalière souvent exposée aux défis environnementaux. Lors de cette étape, la coordonnatrice régionale du projet, Danielle Bassène, a affiché ses ambitions pour l’avenir.
« Nous allons passer à l’échelle dès l’année prochaine avec l’ambition de distribuer 10 000 plants de palmiers à huile », a-t-elle annoncé avec détermination.
Cette montée en puissance espérée pour la prochaine campagne devrait élargir le bassin des bénéficiaires et asseoir définitivement la résilience climatique de la région. En combinant préservation de la flore, lutte contre la pauvreté et leadership féminin, Kolda espère faire du palmier à huile sauvage le moteur d’un développement socio-économique véritablement durable.
La Rédaction / Sunuker.net

















































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