- Pour les prochaines élections locales : quelle lecture faites-vous de la situation au niveau national et local?
La situation est d’abord, faut-il le dire, la conséquence des choix opérés par le régime du Président Macky Sall en matière de politique de décentralisation. La réforme de 2013 dite « actes 3 » devait non seulement renforcer les compétences transférées aux collectivités territoriales mais surtout les moyens pour les prendre en charge. A la place, nous avons d’une part des programmes nationaux dédiés aux collectivités territoriales très sélectifs dans leurs actions, et particulièrement inefficaces dans les réponses apportés aux attentes des populations et d’autres part des communes et départements complètement démunis face à des citoyens de plus en plus exigeants. Conséquence, dans la quasi-totalité des collectivités territoriales (commune comme département) on note un sentiment généralisé de mécontentement et d’insatisfaction. Et la commune de Fatick ne fait pas exception. La particularité est qu’au sein même du conseil municipal, on se rejette la responsabilité de ce fiasco et la coalition au pouvoir nous offre un spectacle de guerre total, une multitude de candidatures et des discours de plus en plus violents. C’est très certainement un prolongement des querelles de positionnement suite à l’élection de Macky Sall à la magistrature suprême. Engagés pour leur ascension sociales, ils ont certainement réussit, mais ils se rendent compte aussi qu’ils ont abandonné Fatick à son triste sort. Quant à la l’opposition sa division désespère les Fatickois qui attendaient d’elle une solution.
2- Quel est votre position au niveau local ?
J’admets n’avoir pas réussi mes tentatives de constituer une liste citoyenne, malgré des initiatives depuis plus de deux ans,après avoir été à maintes reprises interpellé par des Fatickois d’ici et de la diaspora, qui connaissent mon engagement pour ma cité. La situation reste globalement confus. Même si j’ai décidé de ne pas présenter ma candidature, je pourrais, en attendant que certaines questions trouvent des réponses, faire un choix motivé pour une liste. 3- Qu’ attendez-vous des candidats et autres acteurs politiques locaux? Programme, programme et programme. Permettez-moi de saluer l’initiative du candidat Biram Wagane Faye, même si cela ne veut pas dire que je souscrit à son programme. Je trouve que le débat aujourd’hui, devrait porter sur la vision des candidats. A moins que les Fatickois veulent lié leur choix à celle d’un Président de la république qui ne rendra pas compte, pour élire un maire dont l’ambition est « garder la base du Président ». Fatick ne mérite pas ça. Notre jeunesse laissée à elle-même, est exposée à toutes formes de tentations, toutes formes de vices et à toutes formes d’abus ; les opportunités que nous offre notre position géographique ne sont pas saisi et notre plus grande richesse, nos ressources humaines n’ont aucune opportunité d’offrir leur service à la communauté, s’ils ne sont pas systématiquement combattu. Nous ratons de grandes opportunités par ce qu’on a décidé de mettre l’intérêt du parti avant celle de la patrie.
4- Les populations de Fatick particulièrement des responsables de l’APR vous accusent d’avoir refusé la main tendue de Macky Sall. Feriez-vous parti de l’opposition « nihiliste » ainsi qualifiée par Monsieur Mahmouth Saleh Directeur de Cabinet du Président de la République?
D’abord, je dois préciser que je demeure convaincu que dans une démocratie il est essentiel d’aménager des espaces de discussions sincères et de compromis au bénéfice de la nation. Maintenant pour cette accusation, j’avoue avoir décliné une invitation du Président ; mais pour bien comprendre mon attitude, il faudra le remettre dans son contexte. Je fais parti des premiers compagnons du Président de la République Macky Sall. J’étais secrétaire général de la structure départementale du PDS au pouvoir quand celui-ci a démissionné. Sans me poser de questions j’ai démissionné et j’ai été à ses côtés lors de la création de de l’APR je l’ai accompagné en toute loyauté. Il arrive au pouvoir en 2012 et décide de rompre tout contact avec moi. Le 28 juillet 2018, je démissionne de l’APR pour mettre sur pied le mouvement Nous citoyens « liñu boole », en décembre avec mes compagnons, nous portons notre choix sur un autre candidat. C’est ce moment qu’il choisit pour manifester un intérêt pour ma personne. Monsieur, répondre à cette invitation serait trahir le candidat sur qui j’ai porté mon choix, trahir mes compagnons avec qui je m’étais engagé, pour me présenter devant les sénégalais comme une personne sans convictions, un traître. J’ai considéré que cette invitation était un piège destiné à discréditer ma personne qu’il a ignorée pendant sept longues années sans aucune explication et ne traduisait nullement une volonté de renouer des liens sincères avec un ex compagnons. J’ai été à ses côtés, je suis parti et j’ai fait des choix sur la base de valeurs que je refuse de compromettre. J’en subit les conséquences tout en s’accrochant à ma dignité d’homme libre attaché à ses valeurs.

















































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