Crédits spéciaux : les députés de Pastef rejettent les amendements du gouvernement, le bras de fer s’intensifie
Le dossier des crédits spéciaux vient de provoquer un nouvel accroc entre l’Exécutif et sa majorité parlementaire. Réunis en commission à l’Assemblée nationale, les députés de Pastef ont rejeté les six amendements présentés au nom du gouvernement par le ministre de la Justice, Me Moussa Sarr. La proposition de loi portée par la majorité a néanmoins été adoptée en commission et doit poursuivre son parcours parlementaire. (DAKARACTU.COM)
Le débat porte sur l’encadrement des crédits spéciaux, communément désignés comme les « fonds spéciaux ». Le texte soutenu par les députés de Pastef entend limiter leur utilisation aux dépenses liées à la défense nationale, à la sécurité intérieure et extérieure ainsi qu’aux activités de renseignement.
Face à cette rédaction, le gouvernement a tenté d’apporter plusieurs modifications. Me Moussa Sarr, qui représentait l’Exécutif lors des travaux, a défendu six amendements. Après une suspension de séance permettant aux députés de la majorité de se concerter, ces propositions ont finalement été rejetées dans leur ensemble. (DAKARACTU.COM)
Des visions différentes sur le champ des crédits spéciaux
L’un des principaux points de désaccord concerne la définition même des crédits spéciaux. La proposition de loi veut en restreindre l’usage à des missions directement liées à la défense, à la sécurité et au renseignement.
Le gouvernement souhaitait, lui, retenir une définition plus large, susceptible notamment de couvrir certaines situations d’urgence humanitaire ou de détresse sociale, la préservation de l’ordre social, la stabilité nationale et d’autres impératifs considérés comme relevant des intérêts fondamentaux de la Nation. Cette extension n’a pas été retenue par les députés de Pastef. (DAKARACTU.COM)
Le contrôle de ces fonds constitue également un point de friction. Alors que l’Exécutif défendait un contrôle dans le respect des lois et règlements en vigueur, les parlementaires ont voulu inscrire plus clairement le rôle de la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire. Un amendement allant dans ce sens, présenté par le député Alphonse Mané Sambou, a été adopté.
Le texte prévoit par ailleurs que les gestionnaires concernés tiennent une comptabilité des opérations effectuées, avec des registres, états, journaux et pièces justificatives permettant d’assurer les vérifications nécessaires. (DAKARACTU.COM)
Un désaccord qui dépasse la simple technique juridique
Au-delà des questions de légistique, le vote en commission prend une dimension politique particulière. Le gouvernement et les députés majoritaires appartiennent au même camp politique, mais leurs divergences deviennent de plus en plus visibles sur certains dossiers institutionnels.
Le rejet des amendements gouvernementaux intervient après les tensions apparues autour d’autres réformes, notamment celles relatives à la déclaration de patrimoine. Pour plusieurs observateurs, l’épisode des crédits spéciaux confirme que la majorité parlementaire entend exercer pleinement ses prérogatives, y compris lorsque ses positions divergent de celles de l’Exécutif. (APS – Agence de Presse Sénégalaise)
La proposition de loi a été adoptée en commission et devait initialement être examinée en séance plénière le 19 août 2026. Mais le dossier a depuis connu un nouveau rebondissement : le gouvernement a décidé de saisir le Conseil constitutionnel sur les dispositions contestées du texte, entraînant la suspension de la séance plénière prévue pour son examen. (SeneNews)
Cette nouvelle étape pourrait donc déplacer le débat du terrain strictement parlementaire vers celui du contrôle de constitutionnalité. Le Conseil constitutionnel dispose désormais d’un délai de huit jours pour se prononcer, selon les informations rapportées ce vendredi.
L’enjeu dépasse désormais la seule question de la gestion des fonds spéciaux. Il touche directement à l’équilibre entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif, ainsi qu’à la manière dont la majorité parlementaire entend exercer son mandat face au gouvernement.
Sunuker.Com Desk News















































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