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Braquage à main armée d’un foirail à Darou Salam : Un réseau de voleurs de moutons de Tabaski démantelé au tribunal

TO GO WITH AFP STORY BY Malick Rokhy Ba A sheep vendor is pictured on December 5, 2008 in Dakar ahead of Muslim feast Tabaski (Aid el Kebir). Sheep get sold for 70 000 francs CFA (106 euros), a double of a minimum monthly Senegalese salary. AFP PHOTO / SEYLLOU

Un violent fait divers secoue la préparation de la fête de la Tabaski à Darou Salam. Le tribunal examine une affaire de vol en réunion commis avec usage d’armes blanches et d’armes à feu artisanales. Au cœur de ce dossier, un jeune homme de 20 ans, Ousmane Sow, et plusieurs commerçants font face à la justice pour association de malfaiteurs, vol en réunion de nuit et recel.

Le film d’un assaut nocturne minutieusement préparé

Les faits se sont déroulés dans la nuit du 14 au 15 mai, sur le site de vente temporaire aménagé par l’éleveur Yaya Nguette. Alors que trois bergers assuraient la garde du cheptel, une escouade d’une dizaine d’individus lourdement armés a fait irruption sur les lieux. Profitant du sommeil de deux des veilleurs, les assaillants ont aveuglé le troisième à l’aide de puissantes torches électriques avant de le mettre en joue.

Pendant qu’une partie de la bande tenait les gardiens en respect sous la menace de leurs machettes, sept autres complices détachaient méthodiquement les bêtes. Les malfaiteurs ont réussi à s’évanouir dans la nature, empruntant la direction de la forêt de Sinthiou Mbadane avec un butin de 19 moutons sur les 20 que comptait l’enclos.

Une traque citoyenne mène à l’arrestation d’un suspect à moto

Refusant de se résigner, le propriétaire Yaya Nguette s’est immédiatement lancé à la recherche de son cheptel dans les environs. Au cours de ses investigations nocturnes, il repère un motocycliste au comportement suspect qui semble filer ses moindres mouvements. Avec l’aide de ses proches, l’éleveur tend un piège à l’individu et parvient à le maîtriser. Le suspect, Ousmane Sow (20 ans), est soupçonné d’avoir servi de guetteur ou d’éclaireur pour la bande.

Parallèlement, la poursuite des recherches permet à la victime de localiser plusieurs de ses bêtes exposées dans un point de vente à Thiocé. Saisie de l’affaire, la gendarmerie procède à l’interpellation de cinq commerçants installés sur place : Abdoulaye Sow, Babacar Niang, Adama Thiam, Ndalla Daffé et Babacar Dieng.

Henné de camouflage et justificatifs d’achat douteux

À la barre, les marchands de bétail ont clamé leur bonne foi, affirmant avoir acquis les animaux de manière régulière pour les besoins du commerce de la Tabaski. Les prévenus ont évoqué des sources d’approvisionnement diverses : le marché hebdomadaire (louma) de Louly Mbafaye pour Adama Thiam, ou encore la zone de Nguéniène pour Babacar Dieng.

Pourtant, la perquisition de leur enclos a permis de découvrir 24 moutons, parmi lesquels Yaya Nguette a formellement reconnu 5 de ses bêtes manquantes. Pour dissimuler la provenance frauduleuse du bétail, les voleurs avaient badigeonné la laine des animaux avec du henné afin d’en modifier l’apparence.

Bataille de procédure : Entre recel et simulacre de folie

L’avocat de la partie civile, Me Deh, a réclamé la somme de 20 millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts, estimant que le délit de recel est caractérisé puisque les prévenus sont incapables de fournir des preuves d’achat licites. Le parquet a, de son côté, requis une application rigoureuse de la loi pénale.

La défense a balayé ces accusations. Maître Oumar Sène, conseil des commerçants, a soutenu que ses clients avaient acheté les bêtes au vu et au su de tout le monde, sans aucune volonté de recel. De son côté, l’avocat d’Ousmane Sow, Me Aboubacry Kane, a fustigé un dossier vide, affirmant que son client a été arrêté arbitrairement parce qu’il se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment.

L’affaire s’est corsée pour le jeune motocycliste lorsqu’un tiers, Abou Sow, s’est présenté à la gendarmerie pour réclamer la moto que conduisait le prévenu, affirmant qu’elle lui avait été volée. Devant les enquêteurs, Ousmane Sow a tenté de simuler des troubles mentaux pour échapper aux questions. À la barre, son attitude incohérente et ses réponses évasives ont rendu l’interrogatoire de la présidente particulièrement laborieux.

Le tribunal a mis l’affaire en délibéré et rendra son verdict le 30 juin 2026.

Par La Rédaction : SUNUKER.NET