Bénin : plus de sept mois après la tentative de putsch, la justice poursuit une vaste instruction avant un procès historique
Plus de sept mois après la tentative de coup d’État déjouée du 7 décembre 2025, le Bénin poursuit l’instruction de l’une des plus importantes affaires politico-judiciaires de son histoire récente. Les investigations, menées par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), concernent plusieurs dizaines de personnes issues de différents milieux, notamment des militaires, des responsables politiques, des militants et des activistes.
Selon plusieurs sources concordantes, près d’une soixantaine de personnes sont concernées par les différentes procédures ouvertes à la suite de cette tentative de renversement de l’ancien président Patrice Talon. Les magistrats poursuivent un travail d’instruction particulièrement complexe visant à établir les responsabilités individuelles et les éventuelles ramifications de ce dossier.
Les enquêtes portent sur plusieurs chefs d’accusation, parmi lesquels figurent notamment des infractions contre la sûreté de l’État, l’apologie de crimes contre l’État, l’incitation à la rébellion ou encore des faits liés à une présumée participation au projet de putsch. Les dossiers sont examinés au cas par cas par la commission d’instruction de la CRIET, qui procède à de nombreuses auditions à huis clos.
Depuis le début de l’année 2026, plusieurs mis en cause ont déjà comparu devant la juridiction spéciale. Des responsables politiques, des militaires ainsi que d’autres personnes soupçonnées d’avoir soutenu ou encouragé la tentative de putsch ont été entendus par les juges. Certains contestent vigoureusement les accusations portées contre eux, tandis que leurs avocats dénoncent parfois les fondements juridiques des poursuites ou les conditions de la procédure.
Parallèlement, d’autres procédures continuent d’être ouvertes. En juin 2026, un officier supérieur de l’armée béninoise a notamment comparu devant la CRIET pour des faits présumés d’apologie de crime contre la sûreté de l’État, en lien avec un message adressé au lieutenant-colonel Pascal Tigri, présenté par les autorités comme le principal instigateur de la tentative de coup d’État. L’intéressé a rejeté les accusations, tandis que la Cour a décidé de poursuivre l’examen du dossier.
La tentative de putsch du 7 décembre 2025 avait profondément ébranlé le Bénin. Les autorités avaient rapidement annoncé avoir repris le contrôle de la situation après quelques heures de tension, procédant à l’arrestation de nombreux militaires et civils soupçonnés d’implication dans cette opération visant à renverser le pouvoir en place. Les investigations ont également exploré d’éventuels soutiens extérieurs évoqués dans plusieurs enquêtes de presse, même si ces aspects restent au cœur des investigations judiciaires.
À ce stade, aucun procès général n’a encore été ouvert. Les différentes procédures d’instruction se poursuivent afin de permettre aux magistrats de réunir l’ensemble des éléments de preuve avant la tenue d’audiences qui pourraient constituer l’un des plus importants procès sécuritaires de l’histoire récente du Bénin.
Cette affaire est suivie avec une attention particulière au Bénin comme dans l’ensemble de la sous-région ouest-africaine, dans un contexte marqué par plusieurs tentatives de coups d’État intervenues ces dernières années. Les décisions qui seront rendues par la justice béninoise pourraient avoir un impact significatif sur le débat relatif à la stabilité institutionnelle, à la sécurité nationale et au respect de l’État de droit.
La Rédaction de Sunuker News Desk
















































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