LIVE
🔴 EN DIRECT : SUNUKER FM • Cliquez sur "ÉCOUTER EN DIRECT" pour suivre nos émissions en temps réel • 🇸🇳 Actualités du Sénégal • 🌍 Actualités Internationales • 🎙️ Débats • 🎤 Interviews Exclusives • ⚽ Sport • 🎵 Musique • 📻 La radio de votre communauté disponible 24h/24 et 7j/7 • 🔥 Ne manquez aucune information importante •

Alerte ONUDC : L’Afrique de l’Ouest et du Centre basculent de zones de transit à pôles de production de drogue

Le paysage du narcotrafic en Afrique subsaharienne subit une profonde et inquiétante mutation. À l’occasion de la présentation de son rapport régional 2026 à Dakar, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a tiré la sonnette d’alarme. Longtemps confinée au rôle de simple plaque tournante ou de couloir de transit pour les stupéfiants mondiaux, la région se transforme progressivement en une zone de fabrication locale, parallèlement à l’émergence de substances de synthèse dévastatrices.

Une reconfiguration majeure des routes de la cocaïne

Face à l’explosion historique de la production mondiale de cocaïne en Amérique du Sud, les réseaux criminels redoublent d’ingéniosité pour contourner les dispositifs de surveillance traditionnels. Si les flux transitaient historiquement par la pointe ouest-africaine (notamment via le Sénégal et le Cap-Vert), la cartographie du trafic glisse désormais vers le sud. Les cartels investissent massivement le golfe de Guinée et pénètrent jusqu’au cœur de l’Afrique centrale.

François Patuel, responsable de l’Unité recherche et sensibilisation au Bureau régional de l’ONUDC, souligne la soudaineté de cette expansion :

« Cette intensification des flux s’accompagne d’une multiplication inédite des saisies et des volumes interceptés par des États qui étaient, jusqu’à présent, relativement épargnés. C’est le cas du Cameroun, qui a rapporté une saisie record d’une tonne de cocaïne en février 2026. »

Le démantèlement de laboratoires clandestins se multiplie

Le changement de paradigme le plus marquant réside dans la capacité locale à transformer la matière première. L’Afrique de l’Ouest et du Centre intègre désormais la chaîne d’approvisionnement globale en tant que productrice.

Les services de sécurité multiplient les coups de filet majeurs :

Au Nigeria : Découverte et démantèlement récent de deux laboratoires clandestins de méthamphétamine à grande échelle.

Au Sénégal et au Niger : Neutralisation de structures de raffinage et de traitement de cocaïne, prouvant l’implantation pérenne de chimistes au service des cartels.

La déferlante silencieuse des drogues de synthèse et des cocktails mortels

Si le cannabis reste le produit le plus largement saisi et consommé sur le continent, la menace s’est largement diversifiée avec l’apparition de nouvelles drogues de synthèse. Les mélanges artisanaux hautement toxiques gagnent du terrain à une vitesse fulgurante. Le kush, un cocktail dévastateur combinant des matières végétales à des cannabinoïdes synthétiques — et parfois des substances chimiques inconnues —, continue de faire des ravages auprès de la jeunesse au Liberia et en Sierra Leone, et s’étend désormais aux pays limitrophes.

L’ONUDC s’inquiète également de la popularité grandissante de drogues perçues comme plus récréatives, à l’image de l’ecstasy, dont l’usage explose au sein des milieux urbains.

Ces modes de consommation, souvent discrets et clandestins, compliquent considérablement le travail de détection des forces de l’ordre. Pour les structures sanitaires et les associations locales, cette transition vers les drogues dures et synthétiques crée un défi de prise en charge thérapeutique inédit, face à des addictions de plus en plus lourdes et hors de contrôle.

La Rédaction — Sunuker.net