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« Vous avez violé les consignes » : Le vif rappel à l’ordre d’Ousmane Sonko à ses députés Pastef

L’évacuation du député Abdou Mbow a provoqué un moment de tension à l’Assemblée nationale ce lundi 29 juin 2026. Au-delà du départ des parlementaires du groupe Takku Wallu Sénégal et de plusieurs non-inscrits, l’incident a surtout déclenché la colère du président de séance, Ousmane Sonko.

Une fois le calme revenu dans l’hémicycle, Ousmane Sonko a tenu à recadrer l’ensemble des élus. D’un ton ferme, il a rappelé que l’autorité de l’Assemblée relève exclusivement de son président de séance. « Cette Assemblée est sous l’autorité de son président, qui se trouve être le président de séance. Aucun député, en violation du règlement intérieur, n’imposera sa volonté à l’Assemblée », a-t-il martelé devant ses collègues.

Les députés de la majorité rappelés à l’ordre

Mais le président de l’hémicycle visait surtout les élus de son propre camp. Lors de l’altercation avec Abdou Mbow, plusieurs députés de Pastef avaient quitté leurs bancs pour intervenir directement, ignorant les consignes données par leur groupe.

« Pour les députés du groupe parlementaire Pastef, des consignes très claires ont été données et vous les avez violées », a lancé Ousmane Sonko, visiblement irrité. Il a insisté : le maintien de l’ordre dans la salle ne revient ni aux députés de la majorité ni à ceux de l’opposition, mais uniquement aux services compétents de l’Assemblée. « Le président suit une réquisition et la police de l’Assemblée fait le travail », a-t-il précisé.

Qualifiant l’attitude de ses partisans de « déplorable », il a regretté que des élus Pastef aient tenté de régler eux-mêmes l’incident. « Il ne revient pas à un député de régler ces questions », a-t-il insisté, avant d’appeler à la discipline et d’ordonner la reprise immédiate des débats sur la révision constitutionnelle.

Contexte : un climat déjà électrique
Élu président de l’Assemblée nationale le 26 mai 2026 avec 132 voix sur 165, Ousmane Sonko fait face depuis son installation à une opposition qui conteste la légalité de son mandat de député. Le groupe Takku Wallu et des non-inscrits, emmenés par Abdou Mbow, avaient boycotté la séance d’installation, dénonçant une « journée noire pour la démocratie » et une violation de l’article 54 de la Constitution. Le député Mbow accuse régulièrement le leader de Pastef de « déstructurer les institutions » et qualifie l’hémicycle de « foire » ou de « meeting politique » depuis l’arrivée de Sonko au perchoir.

Ce nouvel accrochage illustre les tensions persistantes entre la majorité et l’opposition, alors que l’examen du projet de révision constitutionnelle s’annonce sensible.

La Rédaction