Le gouvernement sénégalais exprime sa vive inquiétude face au non-respect chronique des normes de pesage par les transporteurs de marchandises. Les dernières données issues des contrôles routiers du mois d’avril 2026 révèlent un constat alarmant : sur un total de 148 885 camions inspectés à travers le pays, 47,71 % circulaient en infraction pour excès de charge. Un chiffre d’autant plus lourd qu’il intègre pourtant une marge de tolérance technique de 20 % accordée lors du pesage.
À l’ouverture d’un atelier national axé sur l’application du fameux Règlement n°14 de l’UEMOA, le Secrétaire général du ministère des Infrastructures, Abdoulaye Guèye, n’a pas caché sa préoccupation, qualifiant cette tendance d’« insoutenable » pour l’économie et le budget de l’État.
Une facture colossale pour le réseau routier national
Cette indiscipline sur les axes routiers représente le principal facteur de dégradation accélérée du réseau asphalté. Les rapports de la Commission de l’UEMOA sont formels : les surcharges répétées à l’essieu usent prématurément les chaussées, obligeant l’État à injecter constamment des milliards de francs CFA dans des travaux d’urgence, de réhabilitation et de maintenance.
Pour rappel, le Règlement n°14 de l’UEMOA, validé le 16 décembre 2005 à Bamako, limite la charge maximale à 11,5 tonnes par essieu et liste une série de sanctions financières. Ce texte communautaire ambitionne d’harmoniser les contrôles douaniers et routiers, de préserver le patrimoine routier, d’assurer une concurrence saine entre opérateurs et de maximiser la sécurité sur les routes.
Le Sénégal, bon élève de l’UEMOA mais encore loin des objectifs
Engagé dans ce processus depuis le 9 février 2012, le Sénégal fait figure de pionnier dans la sous-région en matière d’infrastructures de contrôle. Le pays s’appuie aujourd’hui sur un maillage robuste :
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24 stations de pesage fixes.
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5 brigades mobiles opérationnelles.
Si ce réseau — le plus dense de l’espace UEMOA — a permis d’éradiquer les surcharges les plus extrêmes, le comportement de certains transporteurs (recours à des châssis modifiés ou camions hors normes) freine les résultats. L’objectif de l’État était de stabiliser le taux d’infraction sous la barre des 10 % dans les cinq ans suivant le lancement du dispositif. Quatorze ans plus tard, le chantier reste immense.
Vers un durcissement et une harmonisation des sanctions
Les conclusions de la réunion des experts de l’UEMOA, tenue à Bamako en novembre 2024, ont montré qu’aucun pays membre n’appliquait encore à 100 % le Règlement n°14.
Bien que premier de la classe, le Sénégal doit encore gommer quelques spécificités locales pour s’aligner totalement sur les standards régionaux. Dakar tolère par exemple un dépassement de 25 % (ramené progressivement à 20 %), alors que les accords de Lomé fixent la barre à 15 %. De plus, le barème des amendes nationales doit être réajusté.
Le ministère des Infrastructures assure que les prochaines réformes se feront en concertation avec les syndicats de transporteurs afin de concilier la rentabilité économique des entreprises et l’impératif de sauvegarde des routes sénégalaises.
La Rédaction : sunuker.net













































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