L’accès à l’eau et la modernisation de l’agriculture s’apprêtent à connaître un tournant historique au Sénégal. L’Agence nationale pour les énergies renouvelables (ANER) a dévoilé les résultats d’une étude stratégique consacrée aux modèles économiques et aux cadres techniques du pompage solaire. Le verdict est sans appel : substituer le solaire aux énergies fossiles traditionnelles pour alimenter les forages en milieu rural permettrait à l’État et aux usagers de réaliser une économie annuelle massive estimée à près de 13 milliards de FCFA.
Pour le directeur général de l’ANER, Diouma Kobor, ce potentiel financier représente une opportunité majeure au regard du coût actuel de la gestion de l’eau. Au Sénégal, les charges énergétiques liées au pompage classique (notamment via des groupes électrogènes au diesel) pèsent lourdement sur le budget des exploitations et des délégataires, représentant parfois entre 30% et 60% de leurs coûts d’exploitation globaux.
Un bouclier pour booster la compétitivité agricole
Cette baisse drastique des charges d’exploitation ne soulagera pas uniquement les finances publiques ; elle touchera directement le quotidien du monde rural. En réduisant les coûts de l’irrigation, cette transition énergétique va permettre aux agriculteurs de diminuer considérablement leurs frais de production.
À terme, cette dynamique vertueuse devrait se traduire par une augmentation des revenus des producteurs locaux et une baisse généralisée du prix des produits agricoles sur les marchés sénégalais. Un atout de taille pour renforcer la souveraineté alimentaire nationale face aux chocs climatiques et rendre les filières locales beaucoup plus compétitives.
Un référentiel technique validé avec la coopération allemande
Afin d’éviter les installations anarchiques et de garantir la rentabilité des investissements à long terme, cette étude a débouché sur la création d’un référentiel technique et économique national. Élaboré en étroite collaboration avec le programme « Énergie durable » de la branche de coopération allemande (GIZ), ce document servira de boussole pour l’État, les banques et les partenaires au développement.
Ce cadre de référence permettra d’harmoniser les normes d’installation, de sécuriser la maintenance des infrastructures et de déployer à grande échelle des systèmes d’hybridation (solaire/diesel ou solaire/réseau) parfaitement adaptés aux réalités du terrain.
En garantissant un approvisionnement en eau plus stable, plus vert et surtout plus accessible, le Sénégal pose les bases d’un développement territorial équilibré, faisant de l’énergie solaire le véritable moteur de la transformation économique de ses campagnes.
La Rédaction Sunuker.net

















































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