Alors que le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, est en déplacement à Paris ce vendredi 10 juillet pour une rencontre diplomatique avec Emmanuel Macron, le climat social à Pretoria et dans les grandes métropoles du pays reste électrique. Malgré l’absence d’un embrasement généralisé lors des marches du 30 juin dernier, la question migratoire cristallise plus que jamais les tensions.
Une campagne de pression prolongée
Le mouvement « March and March », à l’origine de cette poussée xénophobe, a officialisé le lancement d’une campagne de manifestations hebdomadaires, chaque jeudi. Cette stratégie de harcèlement de rue est prévue pour durer quatre mois, avec un objectif clairement affiché : maintenir une pression maximale sur le gouvernement jusqu’aux élections municipales de novembre 2026.
Le 9 juillet, plusieurs centaines de manifestants ont de nouveau défilé à Durban et Johannesburg. Ces rassemblements, loin d’être pacifiques, ont été marqués par des actes d’intimidation musclée, des attaques ciblées contre des commerces tenus par des étrangers et des expulsions illégales de migrants, souvent perpétrées sous les yeux d’une police parfois jugée passive par les observateurs locaux.
Instrumentalisation politique et climat de peur
Derrière le discours d’un mouvement qui se revendique « citoyen », les observateurs politiques pointent une réalité plus complexe. « March and March » bénéficierait de soutiens stratégiques, notamment de la part du parti d’opposition Umkhonto we Sizwe (MK) de l’ancien président Jacob Zuma, qui a fait de la rhétorique anti-immigration un pilier central de sa stratégie électorale.
Cette atmosphère délétère a des conséquences humanitaires directes. Selon les autorités sud-africaines, plus de 35 000 étrangers ont déjà quitté le pays depuis le mois de juin pour regagner le Malawi, le Zimbabwe, le Mozambique, le Ghana ou encore le Nigeria. En parallèle, la police sud-africaine a multiplié les descentes de terrain : entre le 29 juin et le 5 juillet seulement, plus de 6 800 personnes en situation irrégulière ont été interpellées, et plus de 900 individus ont été arrêtés lors des récentes manifestations pour divers actes de violence publique ou pillages.
Une situation jugée « hors contrôle » par les pays voisins
Face à cette hostilité persistante, les pays de la région tirent la sonnette d’alarme. Plusieurs capitales africaines, dont Abuja, ont exprimé leur vive préoccupation, affirmant qu’aucun signe d’apaisement n’est pour l’heure perceptible. Certains gouvernements ont même commencé à organiser des rapatriements volontaires massifs par voie aérienne pour mettre leurs ressortissants à l’abri, marquant un coup dur pour l’image de l’Afrique du Sud, longtemps perçue comme un leader continental de l’intégration et de la stabilité.
Le gouvernement Ramaphosa se retrouve pris en étau, contraint de durcir sa politique migratoire pour répondre à la grogne sociale, tout en tentant de condamner les violences pour préserver ses relations diplomatiques sur le continent.
La Rédaction : Sunuker.net

















































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