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Santé Voici les 17 principales menaces qui pèseront sur la santé mondiale d’ici à 2100

De l’obésité aux conflits nucléaires, une commission a identifié dix-sept menaces majeures pour la santé au cours du siècle. Présentés dimanche 11 octobre, ses travaux invitent à mesurer ce que l’humanité pourrait encore préserver en agissant dès maintenant.

L’avenir a ses maladies de civilisation et ses vertiges d’apprenti sorcier. Dans un rapport publié par The Lancet, paru ce 11 octobre, des experts dessinent une cartographie des périls sanitaires jusqu’en 2100. Présentée au Sommet mondial de la santé, à Berlin, leur analyse place dans un même paysage les affections familières, les fractures sociales et les catastrophes susceptibles de bouleverser notre existence.

Pour comparer ces dangers, les chercheurs confrontent, entre 2025 et 2100, des scénarios favorables et défavorables plausibles. Leur unité de mesure ? Le DALY. Elle correspond à une année de vie en bonne santé perdue, du fait d’une maladie, d’un handicap ou d’une mort prématurée. L’écart entre les scénarios indique donc un potentiel de santé à préserver.

De l’assiette aux arsenaux

La liste comprend l’obésité, l’hypertension, le tabagisme⁠, la consommation élevée d’alcool, la mauvaise santé mentale, le vieillissement en mauvaise santé et la malnutrition infantile.

S’y ajoutent la pollution atmosphérique⁠, le changement climatique, la résistance aux antimicrobiens et les pandémies naturelles. Puis les inégalités de revenus, le faible niveau d’instruction et le recul de l’aide internationale à la santé. Enfin, les conflits conventionnels, la guerre nucléaire et les usages malveillants de l’intelligence artificielle complètent cet inventaire.

Selon les résultats détaillés par la commission⁠, agir sur l’obésité pourrait préserver 23,1 milliards d’années de vie en bonne santé d’ici à 2100. L’amélioration du niveau d’instruction représente un potentiel de 16,1 milliards, et la réduction des inégalités de revenus, de 13,8 milliards.

Le nucléaire et l’IA se distinguent par leur potentiel d’extinction. Leurs estimations, fondées notamment sur des jugements d’experts, comportent toutefois davantage d’incertitude. Un risque à prévenir ne constitue pas une prophétie.

Prévoir pour ne pas subir

«L’humanité a encore la capacité d’agir», souligne Christopher Murray, directeur de l’IHME et coprésident de la commission, dans le communiqué accompagnant les travaux. Sa collègue Natalia Kanem, ancienne directrice de l’UNFPA, insiste sur le coût d’une réaction seulement après la catastrophe.

La réponse proposée passe par des systèmes de santé préparés, un investissement accru dans l’innovation et une réévaluation régulière des menaces. Une orientation que Murray exposait déjà dans un entretien au CSIS⁠. La prévention exige ainsi une continuité qui s’accommode mal du seul calendrier des crises.

Et pourquoi s’arrêter à 2100 ? Dans une réflexion éthique associée à la commission⁠, les auteurs rappellent que, dans plus de cent pays, les nouveau-nés ont, en moyenne, une espérance de vie qui les conduit au-delà de cette date. Le siècle prochain possède déjà des visages. Préparer leur avenir revient aussi à prendre soin d’enfants qui viennent de naître.