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Burkina Faso : 86 000 volontaires en moins d’un mois, Ibrahim Traoré accélère la mobilisation patriotique

Burkina Faso : 86 000 volontaires en moins d’un mois, Ibrahim Traoré accélère la mobilisation patriotique

Le Burkina Faso enregistre une mobilisation importante autour de sa réserve militaire. En moins d’un mois, plus de 86 000 personnes se sont inscrites pour rejoindre ce dispositif, selon le ministre de la Guerre et de la Défense patriotique, le général Célestin Simporé. Les autorités burkinabè ambitionnent d’atteindre 100 000 réservistes d’ici à la fin de l’année 2026, dans un contexte marqué par la persistance des attaques de groupes armés terroristes.

Le Burkina Faso veut élargir les capacités de sa défense nationale en mobilisant davantage ses citoyens. Le dimanche 1er novembre 2026, à Ouagadougou, le général Célestin Simporé a annoncé que plus de 86 000 personnes s’étaient inscrites en moins d’un mois pour intégrer la réserve militaire.

« En moins d’un mois, plus de 86 000 inscrits pour un objectif de 100 000 réservistes d’ici la fin de l’année 2026 », a déclaré le ministre lors de la célébration du 66e anniversaire des Forces armées nationales (FAN).

Cette annonce témoigne de l’importance que les autorités accordent à la mobilisation citoyenne dans leur stratégie de défense. Alors que le pays reste confronté à une situation sécuritaire difficile, le gouvernement entend renforcer les moyens humains susceptibles de contribuer à la protection du territoire et au soutien des forces engagées sur le terrain.

La cérémonie commémorative s’est déroulée sous le thème : « Forces armées nationales et réserve militaire pour une défense souveraine de la Patrie ». Elle a été présidée par Ousmane Bougouma, président de l’Assemblée législative du peuple, représentant le chef de l’État, le capitaine Ibrahim Traoré.

Une réserve militaire pour renforcer les forces actives

La création de cette réserve s’inscrit dans une volonté de structurer la participation des citoyens à la défense nationale. Le principe est de disposer d’un vivier de personnes mobilisables en fonction des besoins du pays, sans faire reposer l’ensemble des missions de défense sur les seuls militaires en activité.

Le dispositif est encadré par la loi n° 019-2026/ALP du 26 mai 2026. Il prévoit deux grandes catégories de réservistes. La première regroupe notamment des personnes ayant déjà acquis une expérience militaire ou sécuritaire, parmi lesquelles d’anciens militaires, d’anciens membres des forces de sécurité et d’anciens Volontaires pour la défense de la patrie (VDP).

La seconde catégorie est ouverte à des citoyens volontaires qui ne disposent pas nécessairement d’une formation militaire préalable et qui pourront être formés selon les conditions prévues par le dispositif.

Selon les explications données par le général Célestin Simporé, l’objectif n’est pas de transformer chaque citoyen en soldat, mais de mettre en place un cadre organisé permettant aux volontaires de participer à la défense du pays en fonction de leurs aptitudes et de leurs compétences.

Les réservistes pourront notamment contribuer au renforcement des capacités opérationnelles, administratives et techniques des Forces armées nationales. Leur mobilisation pourra également être envisagée dans des circonstances exceptionnelles, notamment en cas de menace contre la sécurité nationale, de conflit armé ou de crise majeure.

Il convient toutefois de distinguer les inscriptions annoncées du nombre de personnes effectivement admises et formées. Les 86 000 inscrits constituent un chiffre de candidatures communiqué par les autorités, et non la confirmation que tous ces volontaires sont déjà opérationnels.

Un objectif de 100 000 réservistes avant la fin de 2026

En fixant la barre à 100 000 réservistes d’ici à la fin de l’année, les autorités burkinabè affichent leur volonté de faire de la défense nationale une responsabilité plus largement partagée.

Cette orientation intervient dans un contexte où les forces armées continuent de faire face aux attaques de groupes armés terroristes dans plusieurs régions du pays. Le renforcement des capacités de défense constitue ainsi l’un des enjeux majeurs du pouvoir dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré.

La réserve militaire doit compléter les dispositifs existants, notamment les forces armées actives et les Volontaires pour la défense de la patrie. Elle vise à organiser la contribution de différentes catégories de citoyens, tout en permettant aux autorités de disposer de ressources humaines supplémentaires lorsque la situation l’exige.

À l’occasion de cette commémoration, le ministre a également rendu hommage aux militaires et aux VDP engagés sur les différents théâtres d’opérations. Leur engagement, a-t-il souligné, demeure au cœur des efforts déployés pour assurer la sécurité du pays.

Créées en 1960, les Forces armées nationales célébraient leur 66e anniversaire le 1er novembre. Cette date rappelle l’histoire de la construction de l’armée burkinabè et son rôle dans la défense de la souveraineté nationale.

Avec plus de 86 000 inscriptions enregistrées en moins d’un mois, le Burkina Faso se rapproche donc de son objectif de 100 000 réservistes. Reste désormais à concrétiser cette mobilisation à travers les étapes de sélection, de formation et d’organisation nécessaires pour rendre le dispositif pleinement opérationnel.

Pour les autorités, l’enjeu dépasse le seul recrutement : il s’agit de structurer durablement la participation des citoyens à la défense du territoire, dans un pays confronté à des défis sécuritaires persistants.

Sunuker News Desk