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CPI : le Sénégal soutient la Cour pénale internationale à l’ONU, le Mali et le Niger dans le camp des opposants

CPI : le Sénégal soutient la Cour pénale internationale à l’ONU, le Mali et le Niger dans le camp des opposants
CPI : le Sénégal soutient la Cour pénale internationale à l’ONU, le Mali et le Niger dans le camp des opposants

L’Assemblée générale des Nations unies a adopté, le 2 novembre 2026, une résolution relative au rapport annuel de la Cour pénale internationale (CPI), avec 93 voix pour, 13 contre et 36 abstentions. Dans un contexte de tensions diplomatiques autour de la juridiction basée à La Haye, le vote a mis en évidence des divergences importantes au sein de la communauté internationale, y compris sur le continent africain. Le Sénégal a apporté son soutien au texte, tandis que le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont voté contre.

La Cour pénale internationale se retrouve au centre d’un nouvel épisode de tensions diplomatiques. Réunis à New York dans le cadre de la 81e session, les États membres de l’Assemblée générale des Nations unies ont examiné son rapport annuel portant sur la période allant du 1er août 2025 au 31 juillet 2026.

Le projet de résolution A/81/L.11 a finalement été adopté par 93 voix favorables, contre 13 oppositions et 36 abstentions. Au-delà de l’approbation du rapport, le texte exprime notamment une préoccupation face aux menaces, aux attaques et aux mesures d’ingérence visant la Cour et ses responsables.

Ce scrutin intervient dans un climat particulièrement tendu, après les sanctions américaines imposées à des responsables de la CPI et les mesures visant à fragiliser le fonctionnement de l’institution. Le 9 octobre 2026, de nouvelles sanctions américaines ont notamment été annoncées contre la Cour. Sa présidente, la juge Tomoko Akane, a ainsi présenté son rapport à l’Assemblée générale au moyen d’une intervention vidéo préenregistrée.

Dans son intervention, elle a réaffirmé la détermination de la juridiction à poursuivre ses activités en toute indépendance et impartialité, en s’appuyant exclusivement sur le droit et les éléments de preuve. Elle a également rappelé l’importance de la coopération des États dans l’exécution des mandats d’arrêt et la protection des victimes.

Sur le continent africain, les résultats traduisent des orientations diplomatiques différentes. Plusieurs États ont choisi de soutenir la résolution, parmi lesquels le Sénégal, la Guinée, le Ghana, le Nigeria, la Côte d’Ivoire, l’Afrique du Sud, la République démocratique du Congo, le Cameroun et le Rwanda. Ce positionnement témoigne de leur volonté de préserver les mécanismes de justice pénale internationale et de défendre le principe de lutte contre l’impunité.

À l’opposé, le Mali, le Niger et le Burkina Faso, trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), ont voté contre le texte. Ils figurent parmi les treize États opposés à la résolution, aux côtés notamment des États-Unis, de la Russie et d’Israël. Leur position intervient alors que les trois pays sahéliens ont engagé leur retrait du Statut de Rome, qui fonde la CPI.

D’autres États africains ont préféré s’abstenir, notamment l’Algérie, l’Égypte, la Tunisie, la Libye, la Mauritanie, le Soudan, la Somalie, l’Éthiopie, la Guinée équatoriale et le Mozambique. L’Érythrée figure, en revanche, parmi les pays ayant voté contre le texte, et non parmi les abstentionnistes.

Le Sénégal plaide pour le dialogue avec l’Union africaine

L’intervention du représentant sénégalais a particulièrement insisté sur la nécessité de préserver la coopération entre la CPI, les États et les organisations régionales. Dakar considère que la crédibilité de la justice pénale internationale dépend également de sa capacité à entretenir des relations fondées sur la confiance, le respect mutuel et la complémentarité avec les juridictions nationales.

La délégation sénégalaise a notamment appelé à renforcer les mécanismes de concertation entre la Cour, l’Union africaine et les organisations régionales, afin de favoriser les échanges d’expériences et de bonnes pratiques. Elle a également exprimé sa préoccupation face aux sanctions visant l’institution, estimant qu’elles constituent une menace pour son fonctionnement.

Le Sénégal a par ailleurs mis l’accent sur la nécessité de soutenir le Fonds au profit des victimes, dont le rôle est essentiel dans les programmes de réparation et d’accompagnement des personnes affectées par les crimes relevant de la compétence de la Cour.

Cette préoccupation rejoint les données présentées par la présidente de la CPI : plus de 23 500 victimes ont participé aux procédures judiciaires durant la période couverte par le rapport, dont plus de 7 000 au stade des réparations. La juridiction comptait également 34 mandats d’arrêt publics encore en attente d’exécution.

Une fracture diplomatique qui dépasse le cadre africain

Le résultat du scrutin révèle une communauté internationale divisée sur la manière de soutenir la justice pénale internationale et de préserver l’indépendance de ses institutions. Si 93 pays ont soutenu le texte, les 36 abstentions et les 13 votes négatifs témoignent des réserves persistantes de plusieurs gouvernements.

Pour la CPI, l’enjeu dépasse désormais la présentation de son bilan annuel. Il concerne sa capacité à poursuivre ses missions sans subir de pressions politiques ou économiques susceptibles de compromettre son indépendance.

Le vote du 2 novembre constitue ainsi un signal diplomatique important. Le soutien exprimé par le Sénégal confirme son attachement à une justice internationale fondée sur le droit, la coopération et la lutte contre l’impunité, tout en rappelant que le dialogue avec les institutions africaines demeure indispensable.

Sunuker News Desk