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Conventions publicitaires : Cheikh Niasse soulagé, Walfadjri espère enfin sortir de l’asphyxie financière

Conventions publicitaires : Cheikh Niasse soulagé, Walfadjri espère enfin sortir de l’asphyxie financière

Conventions publicitaires : Cheikh Niasse soulagé, Walfadjri espère enfin sortir de l’asphyxie financière

L’avis favorable du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô à la levée de la suspension des conventions publicitaires entre l’État et les médias suscite un vent d’espoir dans le secteur. Pour Cheikh Niasse, PDG du groupe Walfadjri, cette perspective représente une bouffée d’oxygène après deux années de difficultés financières et d’efforts pour préserver les emplois.

« Enfin, une bonne nouvelle ! » C’est en ces termes que Cheikh Niasse a accueilli la perspective d’une reprise des conventions publicitaires entre l’État et les entreprises de presse. Le patron de Walfadjri n’a pas caché son amertume face aux conséquences de la suspension de ces contrats, qu’il juge particulièrement lourdes pour son groupe.

« Sonko nous a fait très mal avec la suspension des conventions », a-t-il déclaré, évoquant les difficultés rencontrées pour maintenir les activités de son entreprise. Selon lui, Walfadjri a dû emprunter « des centaines de millions » de francs CFA en deux ans afin de continuer à fonctionner et de préserver l’ensemble de ses emplois.

Derrière cette réaction se dessine la situation préoccupante d’une partie de la presse sénégalaise, confrontée à des ressources fragilisées et à des charges de fonctionnement difficiles à absorber. Pour les entreprises concernées, la reprise des partenariats publicitaires publics pourrait contribuer à soulager leur trésorerie, à condition que les modalités annoncées se traduisent rapidement par des décisions concrètes.

Cheikh Niasse veut donc croire à une amélioration de la situation. « Gageons que l’avenir de la presse sera plus radieux », a-t-il déclaré, avant de rappeler que la justice et la solidarité ne devraient pas être opposées : « Jub jubal amena solo, mais yeurmande tamite amena solo. » Autrement dit, le respect des principes et des règles doit pouvoir aller de pair avec la compassion et la prise en compte des difficultés humaines et économiques.

La réaction du dirigeant de Walfadjri intervient après une correspondance datée du 19 octobre 2026, dans laquelle le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a émis un avis favorable à la levée de la suspension des conventions publicitaires. Cette orientation fait suite à une demande du ministre chargé de la Communication, formulée en août dernier.

Le feu vert du chef du gouvernement ne signifie toutefois pas un retour automatique aux anciennes pratiques. La reprise doit s’inscrire dans un cadre rénové, transparent et conforme aux principes de bonne gouvernance et de rationalisation des dépenses publiques. Un comité ad hoc interministériel est ainsi chargé de définir et de superviser les modalités d’attribution des conventions.

Les critères annoncés doivent notamment prendre en compte la conformité des organes de presse au Code de la presse, leur audience, leurs performances, leur couverture territoriale et la pertinence des publics visés. Le comité réunira des représentants des institutions publiques, du quotidien national Le Soleil, de la RTS et de la presse privée. Ses conclusions sont attendues au plus tard le 30 octobre 2026, selon les informations publiées par Le Soleil.

L’enjeu est désormais double : permettre aux médias de retrouver des sources de revenus tout en garantissant que l’argent public soit distribué selon des règles claires et équitables. Une convention publicitaire ne saurait devenir une récompense pour une ligne éditoriale favorable au pouvoir, pas plus qu’elle ne devrait servir de moyen de pression contre un média critique. La transparence des critères et leur application à tous seront donc déterminantes pour restaurer la confiance.

Pour Walfadjri et les autres entreprises de presse fragilisées, l’annonce ouvre une perspective encourageante, mais le soulagement reste conditionnel. Après les difficultés accumulées, les professionnels attendent des actes, des délais respectés et un mécanisme qui garantisse une répartition juste des investissements publicitaires de l’État. La promesse d’une reprise ne prendra pleinement son sens que lorsqu’elle se traduira sur le terrain.

Sunuker News Desk