Les restaurants et les gargotes fleurissent à Dakar. Beaucoup assurent qu’ils ne transigent pas avec le respect des règles d’hygiène, une affirmation pas facile à vérifier.
En face de l’école des Maristes, des restaurants et une dibiterie forment un demi-cercle autour du rond-point situé devant cet établissement scolaire. Entre ces installations, des femmes tiennent des gargotes envahies, ce 8 juin2021, par des élèves. Ces derniers et surtout des filles, entourent la vendeuse affectueusement appelée « Mère Ndioba ». Elle vend de petits pains, des spaghettis, des œufs durs, de petits pois, du niébé…Elle est consciente que son petit commerce pourrait avoir des conséquences sur la vie des potaches. C’est pour cela qu’elle tient particulièrement au respect des normes d’hygiène. «Nous avons moins de contaminations au coronavirus. Malgré cela, nous ne badinons pas avec l’hygiène. C’est une question fondamentale. Nous y veillons davantage à cause de la pandémie», lâche-t-elle, visiblement préoccupée à servir ses clients.
Ce n’est pas seulement à cause de la pandémie qu’elle s’attèle à vendre des aliments propres. Dans ce coin, ces jeunes élèves, soucieux de la propreté, s’en félicitent. Le mot d’ordre est passé depuis l’espace familial et rabâché en classe. « Mère Ndioba vend des sandwichs propres et savoureux qui ne sont pas chers pour nous les élèves », témoigne Modou, acclamé par ses amis. Cet élève en classe de 6ème ajoute : « dans la rue, on ne peut pas avoir la même qualité que celle de chez soi, mais ce n’est pas mal comme bouffe ».À quelques mètres de là, l’ambiance est toute autre. La dame Oumou Sèye et sa soeur, Ndèye Sèye, attendent des clients, sous leur hutte installée non loin d’un chantier de Btp. Ici, elles ne mettent pas seulement en avant la maximisation des recettes.
«J’avoue que tout n’est pas clean, mais ma sœur et moi, nous nous efforçons, tous les jours, de servir des plats de qualité à nos clients. C’est une exigence », confesse Ndèye, d’une voix à peine audible. Elles n’ont plus de gel hydro-alcoolique car leurs clients n’en demandent plus, contrairement aux périodes de fortes contaminations.
La tendance à manger dehors
De l’autre côté des Maristes, l’école japonaise, deux restaurants font face. Leur cadre chic est attrayant. Dans l’un de ses lieux dérestauration, le temps compte. On parle peu aux environs de 11heures. « Nous ne badinons pas avec la santé de nos clients, nous sommes très responsables. Nous respectons les règles d’hygiène », martèle l’un des gérants, qui requiert l’anonymat. À Ouakam, dans la soirée, dans un coin de Cité avion, des véhicules, des motos, des charrettes, des pousse-pousse se disputent la chaussée aux abords de « Lalla Resto ». C’est l’un des endroits les plus prisés de Cité avion. À l’intérieur, il n’y a pas de place. L’ambiance est festive. Le respect des mesures barrières n’est plus de vigueur.
Devant son petit poste téléviseur, la télécommande à la main, Amy Sow, une des gérantes, affirme : « C’est l’un des restaurants les plus prisés du quartier ». Depuis des décennies, ces dames ont forgé leur réputation en servant des menus conformes aux besoins de la clientèle, y compris sur le plan de la propreté. Ces affirmations sont corroborées par le maçon Abdoulaye âgé de 45 ans qui est à table. « Je suis abonné à ce restaurant depuis que je vis dans ce quartier. Ces femmes sont propres et accueillantes », témoigne le mécanicien.
La tendance à manger dans les restaurants s’observe de plus en plus au Sénégal. Plusieurs raisons poussent certains à manger dans ces espaces plutôt qu’en famille. « J’ai choisi les restaurants parce que c’est plus rapide et comme je bouge, je mange partout et n’importe où. Avec 600 ou700 FCfa, on mange bien dans ces restaurants », argumente Moustapha Samb, un marchand ambulant originaire de Khombol. Quoi qu’il en soit, c’est difficile de vérifier si les règles d’hygiène sont respectées.













































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