LIVE
🔴 EN DIRECT : SUNUKER FM • Cliquez sur "ÉCOUTER EN DIRECT" pour suivre nos émissions en temps réel • 🇸🇳 Actualités du Sénégal • 🌍 Actualités Internationales • 🎙️ Débats • 🎤 Interviews Exclusives • ⚽ Sport • 🎵 Musique • 📻 La radio de votre communauté disponible 24h/24 et 7j/7 • 🔥 Ne manquez aucune information importante •

Réparations de l’esclavage : l’Afrique et sa diaspora passent à l’action depuis Accra

Réparations de l’esclavage : l’Afrique et sa diaspora passent à l’action depuis Accra

Réparations de l’esclavage : l’Afrique et sa diaspora passent à l’action depuis Accra

Une nouvelle étape dans la quête de justice historique pour l’Afrique et sa diaspora s’est ouverte à Accra, capitale du Ghana, avec le lancement de la première Conférence mondiale sur les réparations liées à l’esclavage, à la traite transatlantique et au colonialisme. Pendant trois jours, dirigeants africains, représentants de la diaspora, experts, universitaires et responsables politiques venus des quatre coins du monde se réunissent pour transformer des décennies de revendications en propositions concrètes.

Cette rencontre intervient quelques mois après l’adoption d’une résolution historique par l’Assemblée générale des Nations unies reconnaissant la traite négrière transatlantique comme l’un des crimes les plus graves commis contre l’humanité. Soutenue par le Ghana et plusieurs pays africains et caribéens, cette résolution a marqué un tournant diplomatique majeur dans le combat pour la reconnaissance des préjudices subis par les peuples africains.

À l’ouverture des travaux, le président ghanéen John Dramani Mahama a annoncé la création de trois groupes de travail internationaux chargés d’élaborer une feuille de route sur les réparations. Ces structures auront pour mission d’examiner les mécanismes de restitution des biens culturels africains conservés dans des musées étrangers, les voies juridiques permettant de faire avancer les revendications réparatrices ainsi que les stratégies de coordination politique entre les États africains et les pays de la diaspora.

Pour les organisateurs, l’objectif est désormais de passer du symbole à l’action. Depuis plusieurs années, les demandes de réparations ne se limitent plus à une compensation financière. Elles englobent également la restitution des œuvres d’art spoliées durant la colonisation, le financement de programmes éducatifs, le transfert de technologies, le soutien au développement économique du continent ainsi que la reconnaissance officielle des responsabilités historiques.

Le sommet a réuni plusieurs personnalités de premier plan, parmi lesquelles le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, le président libérien Joseph Boakai, la Première ministre de la Barbade Mia Mottley ainsi que de nombreux représentants de la Communauté caribéenne (CARICOM), très engagée sur cette question depuis plusieurs années.

Dans une intervention retransmise par visioconférence, le président français Emmanuel Macron a réaffirmé l’importance du travail de mémoire tout en appelant à une approche globale de la réparation historique. La France a récemment franchi une étape symbolique en soutenant l’abrogation de plusieurs textes hérités de l’époque coloniale liés à l’organisation de l’esclavage dans les anciennes colonies.

De son côté, le pape Léon XIV a adressé un message aux participants, reconnaissant les souffrances engendrées par l’esclavage et exprimant les regrets de l’Église catholique pour les silences et les complicités qui ont accompagné certaines pages sombres de cette histoire.

Parmi les voix les plus écoutées du sommet figure également le prix Nobel nigérian de littérature Wole Soyinka. L’écrivain a plaidé pour une approche fondée sur la dignité humaine et la restauration de la mémoire collective, estimant que les réparations doivent aller au-delà des considérations financières et contribuer à rétablir une justice historique durable.

De nombreux participants ont également insisté sur les conséquences contemporaines de l’esclavage et du colonialisme, notamment les inégalités économiques persistantes, les discriminations raciales et les difficultés structurelles auxquelles plusieurs pays africains continuent de faire face. Certains ont appelé à la création de fonds internationaux dédiés au développement du continent, à l’allégement de la dette de certains États africains et à la restitution accélérée des objets culturels emportés durant la période coloniale.

Avec plus d’un millier de participants venus d’Afrique, des Caraïbes, des Amériques et d’Europe, cette conférence d’Accra pourrait marquer un tournant majeur dans la construction d’un front commun africain et diasporique sur la question des réparations. Les conclusions attendues à l’issue des travaux devraient servir de base à une stratégie internationale destinée à porter ces revendications devant les principales institutions mondiales.

Au-delà des débats diplomatiques, les participants espèrent que ce sommet permettra d’inscrire durablement la question des réparations au cœur de l’agenda international et de faire progresser une cause qui mobilise depuis plusieurs décennies les descendants des victimes de l’esclavage et du colonialisme.

LA REDACTION de Sunuker.net News Desk