Pikine-Guédiawaye : un procès pour viols présumés prend un tournant inattendu, le parquet requiert l’acquittement de l’ancien directeur d’école
Le procès d’un ancien directeur d’école poursuivi pour des faits présumés de viols répétés sur deux de ses nièces a connu un important rebondissement devant la Chambre criminelle de Pikine-Guédiawaye. Après près de trois années passées en détention préventive, l’accusé, A. Sy, enseignant âgé de 60 ans, a vu le ministère public requérir son acquittement, estimant que les éléments du dossier ne permettaient pas d’établir sa culpabilité avec certitude.
Selon les informations rapportées par plusieurs médias sénégalais, notamment L’Observateur, l’affaire remonte à juin 2023, lorsque l’ancien responsable de l’École 16 avait été placé sous mandat de dépôt à la suite de plaintes déposées par deux jeunes femmes, des sœurs jumelles qu’il avait recueillies et élevées durant une partie de leur enfance.
Depuis le début de la procédure, l’ancien instituteur a toujours rejeté les accusations portées contre lui, soutenant n’avoir jamais commis les faits qui lui sont reprochés. À l’audience, les deux plaignantes ont, de leur côté, maintenu leurs déclarations devant la juridiction criminelle.
Les débats ont toutefois été marqués par l’examen des expertises médico-légales versées au dossier. D’après les éléments évoqués au cours du procès, les examens médicaux auraient mis en évidence une ancienne défloration chez l’une des plaignantes, tandis que l’autre présenterait un hymen intact. Ces constatations ont été longuement discutées par les différentes parties, chacune en proposant sa propre interprétation.
Le tribunal a également pris connaissance d’un témoignage écrit provenant d’une ancienne responsable du Village d’Enfants SOS, établissement où les deux sœurs avaient été accueillies durant de nombreuses années. Ce document, versé aux débats, fait état d’observations sur le comportement des plaignantes, lesquelles sont contestées par les parties civiles. Comme tout élément de preuve produit au cours d’un procès, il appartient exclusivement à la juridiction d’en apprécier la valeur et la portée.
À l’issue des débats, le procureur de la République a estimé que les preuves réunies au cours de l’instruction et de l’audience ne permettaient pas d’établir la responsabilité pénale de l’accusé au-delà du doute raisonnable. En conséquence, le ministère public a requis son acquittement, une position également défendue par les avocats de la défense.
Il convient de rappeler qu’une réquisition du parquet ne constitue pas une décision de justice. La Chambre criminelle demeure seule compétente pour apprécier l’ensemble des éléments du dossier, entendre les arguments des parties et rendre son verdict en toute indépendance.
L’affaire illustre la complexité des dossiers de violences sexuelles, où les juridictions doivent concilier les déclarations des plaignants, les expertises scientifiques, les témoignages et les autres éléments matériels afin de parvenir à une décision conforme au droit. Chaque dossier est examiné au cas par cas, en tenant compte de l’ensemble des preuves produites devant le tribunal.
Le jugement a été mis en délibéré et la décision de la Chambre criminelle est attendue le 4 août prochain. Jusqu’au prononcé du verdict, l’accusé bénéficie pleinement de la présomption d’innocence, principe fondamental consacré par le droit sénégalais et les conventions internationales relatives aux droits de l’homme.
Signé : La Rédaction de Sunuker News Desk

















































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