LIVE
🔴 EN DIRECT : SUNUKER FM • Cliquez sur "ÉCOUTER EN DIRECT" pour suivre nos émissions en temps réel • 🇸🇳 Actualités du Sénégal • 🌍 Actualités Internationales • 🎙️ Débats • 🎤 Interviews Exclusives • ⚽ Sport • 🎵 Musique • 📻 La radio de votre communauté disponible 24h/24 et 7j/7 • 🔥 Ne manquez aucune information importante •

PARTI PRÉSIDENTIEL : IBRAHIMA HAMIDOU DÈME DÉNONCE UN « RECUL » POUR LA DÉMOCRATIE

L’annonce du président Bassirou Diomaye Faye de créer son propre parti politique fait débat. Ibrahima Hamidou Dème, président du mouvement ETIC, y voit une rupture avec l’esprit des Assises nationales et avec l’engagement initial du chef de l’État à rester « au-dessus de la mêlée ».

« Une rupture avec les Assises nationales »

C’est vendredi que le président Diomaye a fait part de sa volonté d’avancer vers « une unité plus organique » des forces qui l’accompagnent. Objectif : doter la coalition présidentielle d’un instrument politique unique.

La nouvelle a suscité une réaction immédiate d’Ibrahima Hamidou Dème. Pour le leader d’Ensemble pour le Travail, l’Intégrité et la Citoyenneté, si l’information se confirme, la création d’un parti par le président constituerait « un recul préoccupant pour la bonne gouvernance démocratique ».

L’argument avancé : cela entrerait en contradiction avec les conclusions des Assises nationales de 2024-2025, qui plaidaient pour une refondation institutionnelle, et avec la promesse de rupture faite par le président lors de son accession au pouvoir.

Mimi Touré chargée de piloter la réflexion

Pour concrétiser le projet, Bassirou Diomaye Faye a confié la mission à la superviseure générale de la coalition « Diomaye Président », l’ancienne Première ministre Aminata Touré. Elle doit mettre en place un comité de réflexion chargé de préparer, dans les meilleurs délais, tous les éléments constitutifs du futur parti.

Depuis sa nomination en septembre 2025, Mimi Touré conduit une vaste restructuration de la coalition. Plus de 200 partis et mouvements ont déjà signé une lettre d’engagement pour rejoindre la nouvelle mouture élargie. La stratégie repose sur deux axes : massifier les adhésions et mailler le territoire, avec un démarrage opérationnel dans le département de Mbour, fief natal du président.

Un projet qui intervient dans un contexte de tensions*

La création de ce parti intervient alors que la coalition « Diomaye Président » traverse des turbulences. Des dissensions sont apparues ces derniers mois autour de la gestion de Mimi Touré, notamment sur la répartition de billets de pèlerinage à La Mecque et sur les conditions d’adhésion. Des groupes comme « Les Bâtisseurs » et « Doomi Sénégal » ont même quitté le navire, menaçant de présenter leurs propres listes aux prochaines échéances.

Le président Diomaye avait pourtant justifié le choix de Mimi Touré par « son expérience, son engagement et son esprit fédérateur », dans une lettre adressée à ses alliés. L’objectif affiché : déboucher sur une coalition plus forte au service de l’action gouvernementale conduite par le Premier ministre Ousmane Sonko.

Un paradoxe institutionnel en débat

Ironie du calendrier : les réformes institutionnelles en cours prévoient justement de rendre incompatible la fonction présidentielle avec la direction d’un parti ou d’une coalition. Ce point fait partie des quatre avant-projets finalisés après le Dialogue national sur le système politique de 2025, aux côtés de la révision constitutionnelle et de la réforme du Code électoral.

Ibrahima Hamidou Dème s’appuie sur ce paradoxe pour alerter : la création d’un parti par le président risque de fragiliser la posture de rassembleur et de réformateur qu’il avait adoptée.

Le comité de réflexion de Mimi Touré a donc une double mission : donner corps au nouveau parti tout en répondant aux critiques sur la cohérence démocratique du projet.

Auteur : sunuker.net