C’est un véritable coup de massue pour les médias nationaux présents en Amérique du Nord. En raison d’un imbroglio lié aux règles d’immigration américaines, la quasi-totalité des journalistes sénégalais ne pourra pas traverser la frontière pour couvrir le match décisif des Lions de la Téranga contre l’Irak ce vendredi à Toronto.
Un visa canadien obtenu, mais un piège de retour américain
Alors que l’équipe nationale joue sa survie dans ce Mondial 2026 au BMO Field de Toronto, les tribunes de presse risquent de sonner bien creux du côté des envoyés spéciaux sénégalais. Si ces derniers ont réussi à obtenir le précieux sésame pour fouler le sol canadien, un obstacle juridique de taille s’est dressé sur leur route : la nature de leur visa américain.
Détenteurs pour la plupart de visas de type non-immigrant à entrée unique, les reporters se retrouvent pris au piège. En quittant les États-Unis pour se rendre au Canada, leur autorisation de séjour sur le sol américain expirera immédiatement.
« Une terrible situation » : Le cri du cœur de l’ANPS
Le président de l’Association nationale de la presse sportive (ANPS), Abdoulaye Thiam, par ailleurs président de l’AIPS-Afrique, n’a pas caché son immense déception dans des déclarations relayées par le quotidien national Le Soleil.
« Si nous quittons les États-Unis pour ce match au Canada, nous ne pourrons plus revenir. Il faudra retourner au Sénégal pour solliciter un nouveau visa. Surtout qu’en tant que Sénégalais, nous ne pouvons pas obtenir un visa américain depuis le Canada », a alerté le patron de la presse sportive.
Cette contrainte logistique priverait automatiquement les journalistes de la couverture du reste de la compétition si le Sénégal parvenait à se qualifier pour les seizièmes de finale, ces phases devant se rejouer principalement sur les sites américains.
L’échec des démarches diplomatiques de dernière minute
Face à cette urgence, les instances de la presse sportive n’ont pas croisé les bras. Des démarches de haut niveau ont été entreprises auprès des autorités consulaires et étatiques. L’ANPS a notamment sollicité l’intervention du ministère de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, ainsi que le consulat des États-Unis pour obtenir des dérogations ou des visas à entrées multiples.
Malheureusement, les procédures administratives américaines sont restées inflexibles et aucune solution d’urgence n’a pu être matérialisée à temps. Ce casse-tête transfrontalier remet au centre des débats la complexité d’organiser une Coupe du monde éclatée sur trois pays différents (États-Unis, Canada, Mexique) pour les professionnels des médias issus des pays du Sud.
La Rédaction
















































Laisser une réponse
View Comments