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Macky Sall à l’ONU : Mankeur Ndiaye démonte les arguments de Babacar Justin Ndiaye

Macky Sall à l’ONU : Mankeur Ndiaye démonte les arguments de Babacar Justin Ndiaye

Macky Sall à l’ONU : Mankeur Ndiaye démonte les arguments de Babacar Justin Ndiaye

L’ancien ministre des Affaires étrangères Mankeur Ndiaye prend le contre-pied de Babacar Justin Ndiaye au sujet de la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies. Dans une analyse détaillée, il conteste notamment l’idée selon laquelle cette fonction serait inférieure à celle d’un ancien chef d’État et réfute l’assimilation de l’échec de la candidature à une humiliation du Sénégal et de l’Afrique.

Le débat autour de la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies continue de susciter des réactions. Dans une contribution intitulée « Réponse à Babacar Justin Ndiaye à son article “Candidature de Macky Sall : la mère des erreurs” », Mankeur Ndiaye livre une lecture différente de celle du journaliste et chroniqueur politique Babacar Justin Ndiaye.

Ancien ministre des Affaires étrangères du Sénégal, ancien représentant spécial du secrétaire général des Nations unies et ancien chef de la Minusca, Mankeur Ndiaye s’attaque aux principaux arguments développés dans l’article critiquant la candidature de l’ancien président sénégalais. Selon lui, cette critique repose sur une conception discutable de la fonction de secrétaire général, une interprétation excessive des rapports de force internationaux et des conclusions qui ne sont pas suffisamment étayées.

Le premier point de désaccord concerne le statut du secrétaire général des Nations unies. Babacar Justin Ndiaye considère cette fonction comme subalterne par rapport à celle d’un ancien chef d’État. Mankeur Ndiaye rejette cette lecture et rappelle que la fonction possède une dimension politique et diplomatique qui dépasse largement la gestion administrative de l’organisation.

Il s’appuie notamment sur la Charte des Nations unies, qui définit le secrétaire général comme le plus haut fonctionnaire de l’Organisation. Il souligne également les prérogatives prévues par l’article 99, qui lui permet d’attirer l’attention du Conseil de sécurité sur toute affaire susceptible de menacer la paix et la sécurité internationales. À ses yeux, cette fonction ne saurait donc être considérée comme une déchéance pour un ancien président de la République.

Mankeur Ndiaye invoque aussi l’expérience de plusieurs anciens secrétaires généraux, notamment Dag Hammarskjöld, U Thant et Kofi Annan, pour illustrer l’influence diplomatique que peut exercer le titulaire de cette fonction. Il rappelle par ailleurs que l’article 100 de la Charte consacre l’indépendance du secrétaire général et lui interdit de solliciter ou de recevoir des instructions des gouvernements.

Sur le rôle des grandes puissances, l’ancien chef de la diplomatie sénégalaise reconnaît que les cinq membres permanents du Conseil de sécurité disposent d’une influence déterminante dans le processus de sélection, notamment en raison de leur droit de veto. Il conteste toutefois l’idée selon laquelle le futur secrétaire général serait nécessairement soumis à leurs instructions. Pour lui, il faut distinguer les rapports de force politiques de l’indépendance juridique attachée à la fonction.

Le parrainage du Burundi constitue un autre point de divergence. Babacar Justin Ndiaye présente ce choix comme un handicap majeur pour Macky Sall, notamment au regard des tensions régionales entre le Burundi et le Rwanda. Mankeur Ndiaye estime, pour sa part, que le Burundi, en tant qu’État membre des Nations unies, était en droit de soutenir une candidature. La véritable interrogation aurait plutôt porté sur la capacité de cette initiative à mobiliser un soutien africain suffisamment large et à rallier les autres groupes régionaux.

Il reproche ainsi à son contradicteur de ne pas établir de lien de causalité suffisamment précis entre le parrainage burundais et l’issue de la candidature. Selon lui, une telle conclusion aurait nécessité des éléments diplomatiques concrets montrant que des États avaient décidé de s’opposer à Macky Sall en raison de ce choix.

La même réserve s’applique aux affirmations concernant le rôle du président rwandais Paul Kagame dans l’absence d’un soutien africain unifié. Mankeur Ndiaye considère que les tensions entre Kigali et Bujumbura ont pu peser sur certaines positions, mais souligne que les sources, les démarches diplomatiques et les États concernés ne sont pas suffisamment identifiés dans l’article contesté pour permettre d’établir une responsabilité déterminante du Rwanda.

L’ancien ministre critique également les références aux positions attribuées à Donald Trump et les qualifications utilisées à l’égard de certains dirigeants internationaux. Il estime que des accusations aussi lourdes doivent être étayées par des éléments précis et que les jugements de valeur ne peuvent remplacer l’analyse des intérêts stratégiques et des positions diplomatiques des différentes puissances.

Autre reproche adressé à Babacar Justin Ndiaye : la manière de présenter les autres candidats au poste de secrétaire général. Pour Mankeur Ndiaye, dévaloriser des personnalités latino-américaines ou caribéennes en raison de leurs fonctions antérieures ou de leur origine géographique affaiblit le principe d’égalité entre les États. L’expérience présidentielle peut constituer un atout, souligne-t-il, mais elle ne représente ni une condition obligatoire ni une garantie de supériorité pour diriger les Nations unies.

Un échec diplomatique n’est pas nécessairement une humiliation nationale

Au cœur de la réponse de Mankeur Ndiaye se trouve également la question de la portée politique du retrait de Macky Sall. Babacar Justin Ndiaye estime que cette candidature a exposé le Sénégal et l’Afrique à une humiliation internationale. L’ancien diplomate conteste cette interprétation, considérant qu’une candidature qui n’aboutit pas ne signifie pas automatiquement que le pays du candidat a perdu son prestige.

Il invite plutôt à examiner les conditions dans lesquelles cette ambition a été préparée et conduite : évaluation préalable des rapports de force au Conseil de sécurité, mobilisation des soutiens africains, stratégie auprès des cinq membres permanents et interprétation des résultats des consultations indicatives.

Dans sa contribution, Mankeur Ndiaye évoque notamment l’évolution défavorable des résultats attribués à Macky Sall lors des consultations du Conseil de sécurité. Il estime que ces données auraient dû faire l’objet d’une analyse approfondie pour déterminer les obstacles rencontrés et apprécier les chances de poursuivre la campagne. Il distingue ainsi la légitimité d’une candidature, sa préparation diplomatique, les erreurs éventuelles de stratégie et son résultat final.

L’ancien diplomate reconnaît néanmoins que certaines interrogations de Babacar Justin Ndiaye méritent d’être examinées, notamment sur l’opportunité de la candidature, la solidité de son soutien africain et les risques liés à une campagne internationale insuffisamment préparée. Mais il estime que ces questions auraient gagné à être traitées à partir d’éléments diplomatiques précis plutôt que par des conclusions générales.

En définitive, Mankeur Ndiaye appelle à distinguer l’échec d’une ambition internationale de la valeur de celui qui la porte et du prestige du pays auquel il est associé. Pour lui, le véritable débat doit porter sur la préparation de la candidature, les rapports de force et les choix stratégiques qui ont accompagné la démarche de Macky Sall.

Sa réponse relance ainsi la controverse entre deux lectures de cette candidature : celle de Babacar Justin Ndiaye, qui y voit une erreur majeure, et celle de Mankeur Ndiaye, qui juge cette conclusion insuffisamment démontrée et appelle à une analyse diplomatique plus rigoureuse.

Sunuker News Desk