Keur Massar : trois hommes arrêtés pour avoir usurpé l’identité de célèbres marabouts afin d’escroquer des internautes
Par Sunuker News Desk
La Brigade de recherches (BR) de Keur Massar a démantelé un réseau présumé spécialisé dans l’escroquerie en ligne et l’usurpation d’identité de marabouts connus. Trois hommes ont été interpellés à Guédiawaye dans le cadre de cette enquête, après plusieurs plaintes de victimes et de personnalités dont les identités auraient été utilisées à leur insu.
Selon les informations rapportées par Seneweb, les suspects sont âgés de 25 à 30 ans. Il s’agit de M. M. Sèye, cuisinier domicilié à Hamo 6, A. B. Mbaye, vendeur résidant à Guédiawaye, et S. M. A. Ndiaye, présenté comme un prétendu marabout.
Les enquêteurs soupçonnent les trois hommes d’avoir mis en place une organisation destinée à attirer des internautes à travers de faux comptes sur les réseaux sociaux. Pour donner davantage de crédibilité à leurs profils, ils auraient notamment repris l’identité et les contenus de marabouts connus, parmi lesquels Serigne Fallou Ndiaye Rakhmane, Abdoulaye Diop Khass et Mamadou Niass, du cabinet Sultan.
Le procédé présumé reposait sur la diffusion de vidéos et de contenus laissant croire aux internautes qu’ils échangeaient directement avec ces personnalités. Les victimes étaient ensuite invitées à envoyer de l’argent en échange de prétendus rituels, consultations, séances de voyance ou soins spirituels censés résoudre différents problèmes personnels.
Les enquêteurs soupçonnent également les mis en cause d’avoir utilisé plusieurs numéros de téléphone et comptes de transfert d’argent pour récupérer les sommes versées par leurs victimes. Les montants évoqués seraient généralement compris entre 10 000 et 15 000 francs CFA par victime.
Mais l’affaire prend une autre dimension avec les produits qui auraient été remis à certaines personnes. Selon les éléments rapportés dans le cadre de l’enquête, des victimes auraient reçu des racines, écorces et morceaux de bois, présentés comme des produits destinés à des traitements traditionnels ou spirituels. Une victime souffrant notamment de faiblesse sexuelle aurait été en contact avec l’un des suspects dans ce contexte.
L’enquête a été déclenchée après plusieurs plaintes, notamment celles de personnes affirmant avoir été victimes d’escroquerie, mais également celles des marabouts dont les identités auraient été utilisées sur les réseaux sociaux.
Le parquet aurait alors transmis le dossier aux enquêteurs, qui se sont notamment intéressés aux numéros de téléphone et aux comptes utilisés pour recevoir les paiements.
C’est dans ce cadre que les éléments de la BR de Keur Massar auraient interpellé M. M. Sèye à Guédiawaye, alors qu’il était en train de remettre des racines et des écorces à une personne présentée comme une victime.
Interrogé par les enquêteurs, le suspect aurait décidé de collaborer et aurait fourni des informations ayant permis de remonter jusqu’aux deux autres personnes soupçonnées d’être impliquées dans le réseau. Ces dernières auraient à leur tour été interpellées.
Les enquêteurs auraient saisi plusieurs téléphones portables, des cartes SIM ainsi que des produits présentés comme ayant servi dans le cadre des pratiques reprochées aux suspects. Le matériel informatique et téléphonique devrait faire l’objet d’une exploitation technique par les services spécialisés de la gendarmerie chargés de la lutte contre la cybercriminalité.
Les trois hommes ont été placés en garde à vue dans le cadre de la procédure. Ils sont notamment soupçonnés d’association de malfaiteurs, escroquerie en ligne au préjudice de plusieurs victimes, usurpation d’identité et de fonction, mise en danger de la vie d’autrui et charlatanisme.
Le procureur Saliou Dicko aurait été informé de l’évolution du dossier.
Au-delà des sommes relativement modestes évoquées pour chaque victime, cette affaire met en lumière un phénomène de plus en plus préoccupant : l’utilisation des réseaux sociaux pour reproduire l’identité de personnalités connues et gagner la confiance d’internautes avant de leur soutirer de l’argent. Elle rappelle également la nécessité, pour les utilisateurs, de vérifier l’identité de leurs interlocuteurs avant tout transfert de fonds ou recours à des services proposés en ligne.
Les trois suspects restent présumés innocents tant qu’une décision de justice définitive n’a pas établi leur culpabilité.
Sunuker News Desk













































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