Côte d’Ivoire : de nouvelles inculpations visent des cadres du PDCI-RDA et du PPA-CI
Par Ndiawar Diop | Sunuker.com
La pression judiciaire s’accentue sur l’opposition ivoirienne. Plusieurs cadres du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) et du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) font l’objet de nouvelles inculpations en lien avec les troubles électoraux de 2025. Quatre responsables ont été placés sous contrôle judiciaire le vendredi 23 octobre, selon leurs avocats.
Les responsables concernés avaient été convoqués devant la section antiterroriste du tribunal de première instance d’Abidjan. Cette nouvelle étape judiciaire intervient alors que d’autres figures de l’opposition avaient déjà été visées par des procédures similaires au cours de la semaine précédente.
Selon les avocats, au moins neuf cadres de l’opposition ont été placés sous contrôle judiciaire depuis le lundi 19 octobre. Ces procédures touchent notamment des responsables du PDCI-RDA et du PPA-CI, deux formations majeures de l’opposition ivoirienne.
Des responsables de premier plan concernés
Au sein du PDCI-RDA, les inculpations concernent notamment le vice-président Georges Philippe Ezaley, le directeur général du parti, Roger M’Bia, ainsi qu’Aziz Thiam, frère de Tidjane Thiam.
Du côté du PPA-CI, Fabrice Lago, secrétaire général adjoint du parti, figure également parmi les responsables concernés par ces procédures.
D’après leurs avocats, les mis en cause font face à une série de chefs d’inculpation identiques, au nombre de dix-sept pour chacun. Parmi les qualifications évoquées figurent notamment les « actes terroristes », l’« attentat contre l’autorité de l’État » et l’« assassinat ».
La justice leur reprocherait des faits liés aux troubles électoraux survenus en 2025, avant, pendant et après l’élection présidentielle, selon les explications rapportées par l’un de leurs conseils.
À ce stade, ces accusations doivent être distinguées d’une éventuelle condamnation : les personnes mises en cause bénéficient de la présomption d’innocence tant que leur culpabilité n’a pas été légalement établie.
Le PPA-CI également touché par les procédures
La semaine précédente, trois autres cadres du PPA-CI avaient déjà été placés sous contrôle judiciaire pour des motifs similaires.
Ces nouvelles procédures s’ajoutent au dossier de Justin Koné Katinan, quatrième vice-président du PPA-CI, qui est détenu depuis le 11 septembre, selon les informations communiquées.
L’accumulation de ces dossiers judiciaires intervient dans un contexte politique marqué par les conséquences des tensions électorales de 2025. Elle place plusieurs responsables de l’opposition face à des procédures pénales susceptibles d’avoir des répercussions sur leurs activités politiques.
Une situation suivie de près par l’opposition
La multiplication des inculpations soulève des interrogations sur l’évolution des relations entre le pouvoir et l’opposition en Côte d’Ivoire. Les prochaines étapes judiciaires permettront de préciser les charges retenues, les éléments avancés par l’accusation et les arguments de la défense.
Pour les formations politiques concernées, l’enjeu est également organisationnel, puisque plusieurs de leurs responsables sont désormais confrontés à des contraintes judiciaires.
Il conviendra de suivre les décisions des juridictions compétentes ainsi que les réactions officielles des partis concernés pour mieux apprécier les conséquences politiques de cette nouvelle séquence.
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