La commune de Ndiaffate, à 30 km de Kaolack, est au cœur d’un vif débat foncier. À Koutal Sérère, un collectif d’habitants et d’exploitants agricoles dénonce les conditions d’un projet de lotissement de 158 hectares qu’il juge opaque et préjudiciable aux populations locales.
Dans une sortie publique, les riverains accusent la municipalité, dirigée par la mairesse Astou Ndiaye, d’avoir attribué des parcelles à des personnes extérieures au détriment des familles qui exploitent ces terres depuis plusieurs générations. Le collectif parle de « spoliation » et réclame l’arrêt des travaux ainsi que l’annulation des attributions jugées irrégulières.
La mairie répond et évoque la légalité
Face à ces accusations, la mairesse Astou Ndiaye a rencontré la presse pour défendre le processus. Elle affirme que l’opération s’appuie sur des arrêtés signés par le ministre de l’Urbanisme, datés du 4 mai 2021, pour Koutal et Ndiaffate. Selon elle, l’objectif était de régler des litiges fonciers récurrents : « Nous avons trouvé beaucoup de litiges fonciers au niveau de Ndiaffate et Koutal. Nous nous sommes dit, au lieu d’ajouter des problèmes à ces litiges, nous allons faire une demande de lotissement autorisée dans les deux villages, et c’est ce qui a été fait en toute légalité ».
La municipalité indique que 95% des demandeurs d’attribution ont déjà récupéré leurs attestations et que 90% des propriétaires de champs ont reçu leurs quotas. Elle dénonce aussi la destruction de bornes sur le site et dit avoir saisi la justice en dernier recours.
Un contexte de pression foncière
Le bras de fer intervient dans un contexte où Koutal Sérère manque déjà de terres cultivables. Le chef de village, Abdoulaye Ndiaye, et des membres du Collectif pour la défense des intérêts de Koutal et environs CODIKE, soulignent que la salinisation des sols et la poussée démographique limitent fortement les réserves foncières disponibles pour l’agriculture et l’habitat. Cette rareté rend chaque attribution encore plus sensible pour les jeunes qui cherchent à se loger.
Le collectif local exige donc l’ouverture d’une enquête indépendante sur la gestion foncière de la mairie et l’annulation des parcelles attribuées de façon « douteuse ». La mairesse, de son côté, qualifie les critiques de « manipulation » et lance un défi à ses détracteurs d’apporter des preuves.
Ce dossier relance la question foncière dans le département de Kaolack, où les terres agricoles restent un enjeu économique et social majeur pour les communautés rurales.
Auteur : sunuker news


















































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