Suite aux propos du promotteur de lutte et proche du pouvoir Gaston MBENGUE sur les familles DIAZ, et qui font énormément de bruit , l’historien et chercheur Sombel DIONE livre sa contribution sur le sujet.
Le racisme tire son origine dans la peur des différences, Il s’agit entre autre de la différence de langue comme différence de cultures et d’horizons culturels. La peur des différences pousse au mépris et au dénigrement de l’autre, au déni de son humanité pouvant conduire à son assujettissement par la force, voire à son élimination physique. L’ethnocentrisme est l’incarnation de la voix des préjugés conduisant à l’exclusion de l’autre considéré ipso facto comme inférieur, comme un attardé culturel ou historique, un étranger dans notre région, un déphasé à notre culture dont la manifestation phénoménale est notre langue, un infidèle à notre religion. Ce sont là autant de types de racismes faisant le malheur du continent africain. Ces racismes débouchent souvent sur des conflits confessionnels ou inter communautaires armés entre sédentaires et nomades aux conséquences dramatiques.
Même si tous les continents ne sont pas exempts de ce péché originel que sont guerres et conflits identitaires, force est de constater cependant que le continent africain en est réputé champion. Au cœur de ces déchirements se trouvent des racismes de toute sorte. Ces racismes débouchent souvent sur des conflits confessionnels ou inter communautaires armés aux conséquences dramatiques (tueries, tortures, viols, etc).
On peut citer les cas respectivement du Liberia, de Sierra Léone, du Nigéria (guerres politico-confessionnelles entre Nord musulman haoussa-fulani et Sud chrétien Ibo-youruba), du Ghana (conflits tribaux en 1992 entre Nanounba et Konkomba à la suite du vol d’un coq), du Bénin (tensions post électorales entre Nord musulman et Sud chrétien en 1996), de Guinée Conakry (entre peuls et malinké), de Côte d’Ivoire avec le concept dit d’ivoirité qui a accouché d’une poudrière identitaire soldée par des milliers de morts, de disparus ou déplacés. Il y a souvent conflits inter communautaires au Niger entre sédentaires (Haoussa, Zarma) et nomades (peuls ou touareg).
Au Niger et au Mali la rébellion touarègue dans son éternel recommencement fait entorse à l’unité nationale, horizon ontologique de toute république. La région des Grands lacs (République démocratique du Congo, Burundi, Rwanda, Ouganda) s’avère depuis l’époque post coloniale le carrefour des guerres tribales. L’humanité a encore en mémoire le génocide rwandais (conflits armés entre Hutu et tutsi), les violences post électorales au Kenya entre les partisans du Président de la République et ceux de son actuel Premier Ministre issus tous deux d’ethnies différentes. On ne peut point escamoter les cas de la Libye (actes de vandalisme à caractère raciste perpétrés par les populations contre les immigrants noirs de l’Afrique de l’Ouest), de Mauritanie (conflits entre noirs et populations arabo-berbères dans les années 90). Presque partout en Afrique on assiste à des élections tribalisées tantôt manifestes tantôt masquées par le discours démagogique des politiciens .
PS: La parenté à plaisanterie est un vecteur de dialogue interculturel entre les peuples. Elle a joué un rôle très positif dans le processus démocratique en Afrique .
Elle transforme les joutes en humour, évitant ipso facto l’aboutissement à la tragédie comme il en est de coutume dans beaucoup de pays africains. En tant que source de solidarité ethnique, elle peut renforcer le lien social en contribuant à une intersubjectivité basée sur la reconnaissance et le respect de l’autre. En tant que dialogue à la fois dialogal et dialectique, elle prévient les drames humains comme les génocides.

















































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