État civil : plus de 76 000 enfants restent sans acte de naissance, l’ANEC et l’ANPECTP unissent leurs forces
L’Agence nationale de l’état civil (ANEC) et l’Agence nationale de la petite enfance et de la Case des tout-petits (ANPECTP) ont franchi une nouvelle étape dans la lutte contre le sous-enregistrement des naissances au Sénégal. Les deux institutions ont signé, ce mercredi, une convention de partenariat destinée à renforcer l’accès des enfants à l’état civil dès leur naissance.
Cette initiative intervient dans un contexte préoccupant. Selon les statistiques officielles, sur les 186 744 enfants accueillis dans les structures de la petite enfance au cours de l’année 2025, seuls 110 148 disposent d’un acte de naissance ou d’une autre pièce d’état civil, soit un taux de couverture de 58,98 %. Plus de 76 000 enfants, représentant un peu plus de 41 %, demeurent ainsi sans existence administrative reconnue.
Pour inverser cette tendance, l’ANEC et l’ANPECTP ont convenu de mutualiser leurs moyens afin de promouvoir l’enregistrement systématique des naissances sur l’ensemble du territoire national. Leur partenariat prévoit notamment l’organisation de campagnes de sensibilisation auprès des familles, la tenue d’audiences foraines pour régulariser les situations administratives ainsi que des opérations d’enrôlement destinées à rapprocher les services d’état civil des populations.
Les autorités soulignent que l’absence d’un acte de naissance constitue un obstacle majeur à l’exercice de nombreux droits fondamentaux. Sans document d’état civil, des milliers d’enfants rencontrent des difficultés pour s’inscrire à l’école, passer les examens nationaux, accéder à certains services sociaux ou encore bénéficier pleinement de la protection juridique garantie par l’État.
La directrice générale de l’ANPECTP, Yaye Khadidiatou Djamila Diallo, a rappelé que cette réalité continue de pénaliser un nombre important d’élèves, notamment au moment des examens et concours officiels, où la présentation d’un acte de naissance est souvent indispensable.
Pour sa part, le directeur général de l’ANEC, Matar Ndao, a insisté sur l’importance de l’enregistrement des naissances comme fondement de la citoyenneté. Selon lui, déclarer un enfant dès sa naissance revient à lui reconnaître une identité juridique, à garantir sa protection dès les premiers jours de sa vie et à lui ouvrir l’accès aux services essentiels tels que l’éducation, la santé et les dispositifs de protection sociale.
À travers cette convention, les deux agences ambitionnent de réduire significativement le nombre d’enfants non déclarés et de contribuer à l’atteinte des objectifs nationaux et internationaux en matière de protection de l’enfance et de développement durable.
La Rédaction de Sunuker News Desk

















































Laisser une réponse
View Comments